On n'est pas obligé d'aimer
son époque. Il est toujours dangereux de ne pas la comprendre."
Encore faut-il poser les bonnes questions, et c'est tout le mérite
de Global Village. L'auteur, Weronika Zarachowicz, est journaliste. Elle
annonce d'emblée la couleur : "À qui profite la révolution
technologique ?" Les deux premiers chapitres décortiquent les
nouvelles technologies et la technofinance. Images et entretiens ponctuent
un texte simple et direct, où abondent les références
à l'actualité récente, des OGM au clonage en passant
par les start-up. La dernière partie est brillante : pas de scoop,
mais une mise en perspective d'informations disponibles et trop souvent
ignorées. Sans crier à la conspiration, l'auteur montre que
rien n'est arrivé par hasard, que ce soit Internet, les retombées
de l'industrie spatiale ou la globalisation financière. Les États-Unis,
grâce à leur économie de guerre, ont pu entrer dans
les Trente Glorieuses avec la technologie de l'atome, la moitié de
la richesse mondiale et le dollar comme monnaie internationale. Le reste
a été pensé et que ce soit la Silicon Valley ou le
GPS, le Pentagone n'est jamais bien loin.
Enfin, l'auteur parvient à renouveler le genre de l'atlas, grâce
à une collaboration réussie avec Pierre-Xavier Grézaud
: les illustrations constituent une mine d'informations, la présentation
est imaginative et très "tendance" et le graphisme ne se
limite pas aux camemberts et autres colonnes de chiffres… De quoi
faire de Global Village non seulement un livre de référence,
mais aussi un bel objet, ce qui ne gâche rien. --Maya Kandel
La montée du chômage
et des inégalités dans les pays occidentaux est souvent attribuée
à la mondialisation. L'enrichissement de certains pays en développement
provoquerait inéluctablement l'appauvrissement des travailleurs les
moins qualifiés des pays riches. Daniel Cohen s'inscrit en faux contre
cette interprétation. Les mutations économiques et sociales
que connaissent nos sociétés sont surtout d'origine interne.
Elles sont dues à la révolution informatique et non pas aux
échanges, encore faibles avec les pays pauvres. L'auteur en conclut
qu'il ne faut pas chercher à affaiblir l'État providence pour
espérer concurrencer les pays bénéficiant de coûts
salariaux plus faibles. De même, le recours au protectionnisme freinerait
le processus de développement. C'est le contrat social qu'il faut
repenser en adaptant la politique de redistribution au nouveau contexte
économique et technologique.
Professeur de sciences économiques à l'École normale
supérieure et à l'université de Paris I, Daniel Cohen
propose ici une analyse éclairante des enjeux de la mondialisation
et de la troisième révolution industrielle. --Gery Dumoulin




Papillon Métamorphose du Monde
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