Je
m'appelle Ingrid Betancourt, j'ai quarante ans, je suis mère de deux
enfants. Je suis aussi sénateur dans mon pays, la Colombie.
Je dois beaucoup à la France. J'y ai fait mes études. Ce livre
écrit en français, est pour moi une façon de maintenir
ce lien. Je voulais raconter mon combat au pays qui m'a appris la démocratie
et la liberté.
Vous savez combien les cartels de la drogue, cette drogue qui ronge nos
enfants, sont puissants chez nous. Vous entendez parfois parler des tueries
et des scandales politiques qu'ils provoquent. Mais derrière ces
organisations mafieuses, il y a mon peuple, un peuple courageux et fier
qui veut sortir de cet engrenage infernal. Depuis maintenant dix ans, je
me bats pour lui.
C'est dangereux. Mes enfants ont été menacés, j'ai
dû me séparer d'eux pendant trois ans, et je risque de les
voir partir à nouveau loin de moi. A deux reprises, la mafia a tenté
de me tuer. Je suis consciente du danger, mais il ne me fera pas reculer.
L'espoir est là.
Ingrid Betancourt
C'est
un récit terrifiant et bouleversant, un voyage au bout de l'horreur.
17 avril 1975 : les Khmers rouges de Pol Pot investissent la capitale cambodgienne,
Phnom Penh, prélude à un drame qui va durer près de
quatre ans et mener tout un peuple aux confins de la folie et de l'extermination.
Pin Yathay, jeune ingénieur cambodgien promis à un brillant
avenir, voit sa vie basculer dans l'enfer khmer. Seul survivant de sa famille,
il raconte avec le ton du désespoir l'exode de millions de personnes
vers l'inconnu, la faim, la peur et la mort, une errance sans fin qui semble
ne répondre à aucune logique hormis celle de la folie arbitraire
et destructrice des Khmers rouges. De camps de rééducation
en campements forcés dans la jungle, un pays tout entier transformé
en vaste camp de concentration où finit par périr plus du
quart de la population cambodgienne. Un véritable génocide
mené au nom d'une idéologie égalitaire. Les derniers
chapitres du livre, qui décrivent la fuite de Pin Yathay vers la
Thaïlande, sont particulièrement déchirants.
C'est une lecture difficile, douloureuse tant le
récit est poignant, tant l'horreur est présente et fait mal.
Pour l'humanité, on préférerait qu'il s'agisse de fiction.
Mais il n'en est rien. Alors pour l'humanité toujours, il faut lire
ce livre.
de Soeur Emmanuelle et Philippe Asso
Les libanais ont aussi leur Jeanne d'Arc. Pour eux, Souha Béchara est le symbole vivant de la résistance. En 1988, à la sortie de l'adolescence, elle tente d'éliminer Antoine Lahad, le chef de l'ALS, la milice supplétive qui tient le sud pour le compte de l'occupant israélien. Arrêtée, jamais jugée, torturée, Souha sera incarcérée à Khiam, camp, prison et mouroir inlassablement dénoncé par les organisations humanitaires. Refusant de collaborer, elle y passera dix ans, dont six en isolement total.
Son pays labouré par l'horreur, son cheminement intérieur, son engagement sans retour, la flamme qui lui a permis de survivre à la barbarie: c'est tout cela que raconte ici, de manière vibrante, Souha Béchara. Un témoignage unique, une leçon d'existence qui nous rappelle que l'on a toujours raison de résister et que pour être libre, il faut se dépasser.
de Souha Béchara




Papillon Métamorphose du Monde
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