en combattant des maladies contagieuses
comme le Sida, le TB ou la malaria.
Cela étant, il est tout à fait légitime de lier l'allègement de la dette à une conditionnalité relative à la poursuite d'une politique économique saine avec de fortes considérations pour l'impact social. "L'annuler tout simplement
Papillon : Vous venez de déclarer à la conférence de Monterrey que l'Union européenne va passer d'ici 2006 à 0.39 % du PIB. Pour vous, est-ce le maximum que l'UE donnera ou uniquement une étape, avant d'arriver aux 0.7 %, décidé il y a déjà 33 ans ?

Nous devons, en effet, être mieux organisés afin de poursuivre le dialogue avec nos partenaires. L'UE s'est engagée à travailler à ce niveau en partenariat avec les PVD et en coordination avec tous les bailleurs de fonds sur place.

L'aide au développement européenne pourrait-elle diminuer avec l'apparition d'une armée européenne ?
Je ne vois pas ce danger. D'une part parce que l'armée européenne n'est pas pour demain et d’autre part, on peut se demander qu’elle serait la crédibilité d’une telle armée si l’Europe ne déployait pas avant tout cette arme préventive qu'est l'aide au développement ? Je prévois plutôt un renforcement général de nos efforts, à l’instar de ceux que nous avons réalisés dans les Balkans, en Asie, en Amérique Latine et en ex-URSS ; ils sont venus s'ajouter à l’aide que nous avons apportée dans les pays partenaires traditionnels de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

En tant que Commissaire européen pour le développement et l'aide humanitaire qu’elle est le point important que vous aimeriez réaliser avant la fin de votre mandat ?

Accroître avant toute chose l'efficacité de l'action communautaire. Je souhaite à cet effet mener à terme les réformes en cours, créant ainsi, si j'ose dire pour la première fois, une administration européenne professionnelle et cohérente, afin d’atteindre les objectifs ambitieux et impérieux que l'Europe s'est fixés.
Arrivé à la moitié de mon mandat, j'estime que le processus est bien lancé et que nous nous dirigeons vers l’établissement d’un monde plus solidaire.
Il faudra au moins l'autre moitié pour traduire les décisions et les actions en cours en résultats probants sur le terrain.
Cela en vaut la peine !

YVAN COPPIETERS

Poul Nielson : Cette déclaration se base sur une décision prise par les chefs d'Etat de l'Union lors du sommet de Barcelone. Quelques jours avant Monterrey, l’Europe avait décidé que l'on ne pouvait se rendre à cette réunion les mains vides. Cela fait en effet des décennies que nous confirmons notre soutien à l'objectif fixé qui, comme vous le savez, est d’atteindre un niveau d’aide

au développement de 0.7 % du PIB.
Et c'est bien la première fois que l'Europe prend une position commune, avec calendrier précis et contraignant. Nous estimons que cela se traduira en quelques EUR 20 milliards d'aides additionnelles pour les PVD, d'ici l'an 2006. La moyenne de l'Union se trouve actuellement à 0.33 %. Lorsque nous atteindrons 0.39 %, il sera alors temps d’envisager un nouveau seuil plus élevé. Le sommet de Barcelone a clairement indiqué que nous venons de faire le premier pas dans un processus qu’il nous appartient de faire évoluer.

Pour résoudre la dette des pays du Tiers Monde, vous préférez quelle solution :
- L'application de la Taxe Tobin
- L’annulation de celle-ci
- Suivre la politique du FMI
Pourquoi ?

La Commission soutient entièrement l'initiative d'allègement de la dette pour les pays pauvres très endettés (PPTE ou "HIPC" en anglais). Nous sommes d'ailleurs le plus grand bailleur de fonds avec plus d'un milliard d'euros décidé en 2000. Quand on parle d'un renforcement de cette initiative, gérée par la Banque Mondiale, il faut se rendre compte que son financement vient essentiellement de l'aide au développement. En simplifiant les choses, cela veut dire que le choix d'utiliser les fonds limités d'aide au dévelop-pement se fait d’une part en allégeant la dette ou, d’autre part, en construisant des écoles ou

n'est pas la solution.
Mais je soutiens un renforcement de l'initiative HIPC, qui, malheureusement, pour le moment, n'est pas entièrement financé.
Vous devez aussi savoir qu'un élargissement du nombre de pays bénéficiaires du HIPC ferait rapidement augmenter le coût de l'opération. Ceci, du fait que les

pays moins pauvres que les plus pauvres se sont endettés davantage... Sans ressources supplémentaires, une telle démarche produirait un transfert d'aide au développement des pays les plus pauvres vers les pays à revenu intermédiaire. Sans aide supplémentaire, il y a donc lieu d’être prudent.
Quant à la taxe Tobin, dans ses versions diversement mises à jour, je soutiens que toute idée nouvelle peut aboutir. Il faut en effet se rappeler, comme cela a été dit à Monterrey, que la soi-disant Communauté internationale ne parvient pas à se mettre d'accord sur une telle idée, alors nous devons revenir avec plus de vigueur aux méthodes traditionnelles à savoir l'aide publique au développement. En d’autres termes, ceux qui refusent Tobin devront soutenir une augmentation de l'APD.

On critique souvent les grandes institutions d'aide au développement de ne pas connaître la réalité de terrain.
Qu'en pensez-vous ?

Je pense que beaucoup de choses ont changé depuis le consensus de Washington. La Banque Mondiale fait, en ce sens, partie de la solution et non du problème. Les sommets onusiens des années ‘90 ont fondé un consensus, sur lequel nous pouvons élaborer des solutions. Bien sûr, être bien informé des réalités sur le terrain est un défi perpétuel dans un monde en mouvement constant. L'Union européenne se trouve au centre d'un vaste exercice de décentralisation.

PAPILLON, métamorphose du monde
-----------------------------------------------------Interview----

"C'est la première fois que l'Europe prend une position commune."