PAPILLON, métamorphose du monde
-------------------------------------------------A vos plumes-----

heures et ils étaient très intéressés par les différences Guatemala – Belgique. Pendant le cours, j’ai vu un enfant qui traînait devant la porte et qui ne rentrait pas. J’ai demandé à l’institutrice pourquoi il ne rentrait pas et elle m’a dit que sa mère ne voulait pas qu’il assiste au cours, car pour elle l’école ne sert à rien.

L’enseignement informel
Dans les informels, c’est tout à fait différent : il y en a des fixes (cedes rurales) et des mobiles (cedes moviles), et l’Etat n’intervient en rien.
Les adultes viennent en fonction de leurs possibilités car la plupart sont des femmes qui doivent s’occuper de leurs enfants en bas âge. Au Guatemala, la femme des campagnes porte sur son dos son enfant jusqu’à l’âge de deux ans. Après, il doit se débrouiller tout seul.
- Dans la plupart des « CEDES RURALES », il y a des cours de cuisine et de couture.
Dans un autre CEDES, des enfants nous ont simulé un mariage traditionnel. Ailleurs, nous avons vu une danse traditionnelle que nous avons même dû essayer. Pour les remercier, nous avons nous aussi exécuté quelques danses et chants et, ce jour étant le 21 juillet, nous avons chanté notre hymne national.

- Le plus surprenant ce sont les « CEDES MOVILES », des cours qui restent sur place pendant six mois, avant d’aller dans un autre village pour pouvoir ainsi toucher plus de monde avec un même matériel. Comment le CEDES arrive-t-il dans un village ? Pour qu’il arrive, il faut d’abord que la communauté en fasse la demande. Il faut remplir deux conditions avant que PEVI accepte d’en installer un. Il faut que la communauté trouve un local assez grand pour accueillir tous les élèves et qu’elle comporte un minimum de membres.

A voir et à revoir dans les environs
D’abord, ce qui ne coûte rien ce sont les nombreux paysages que l’on peut voir. Le Guatemala a beaucoup de « miradors » (des points de vue). L’un d’entre eux est situé près du lac Atitlan, ce qui nous permet de le voir en entier avec ses trois volcans qui l’entourent. Les Guatémaltèques disent que c’est le plus beau lac du monde car c’est le seul qui soit entouré de trois volcans. On ne peut que les croire.
Ce qui est très beau dans les environs de Huehuetenango ce sont les Cuchumatanes. Il y a, un peu plus haut, un mirador d’où l’on a une vue magnifique. Mais si l’on continue la même route et que l’on s’arrête au prochain village, Chiaval, l’on y trouve un très beau parc naturel qui culmine à
3.800m : le paysage y est incroyable !
A Xela, il y a le café Luna, décoré par des objets du siècle, ainsi que sur une des tables, l’histoire de la ville.

2ième partie : Guatemala Ciudad

Avant notre départ de Xela, nous avons dû poser pour une centaine de photos, car chacun voulait sa photo avec nous. Les plus coriaces étaient les cuisinières, qui voulaient être une fois à droite, une fois à gauche et bien sur une fois

au milieu.
A notre arrivée à la capitale, on s’installe pour les sept derniers jours dans le pays.

Las Gravileas
Le premier jour, nous avons rendez-vous au centre de formation, Las Gravileas, qui se trouve près d’Antigua.
De là, nous allons voir quelques anciennes élèves déjà en activité. La première visite est pour une boulangerie, elles sont huit à travailler en deux groupes de quatre. Elles ont le même local pour profiter du four que leur a offert le BID (Banque interaméricaine de développement) que nous visiterons plus tard.
A midi, nous mangeons au centre, qui tient un restaurant ainsi qu’un magasin de tissus de très bonne qualité.
L’après-midi, nous visitons le centre. Il y a des cours de cuisine, de couture et de santé, hygiène...
Vers seize heures, nous partons visiter Antigua, l’ancienne capitale détruite en partie en 1773 par le volcan de Agua.

Junkabal
Le lendemain, nous visitons Junkabal c’est une école primaire, le jour, et pour adultes, le soir. La plupart des adultes viennent des bidonvilles qui se trouvent à proximité de l’école. Comme je le disais au début, la capitale est un problème car tout le monde veut y faire fortune, mais tous n’y arrivent pas. Au lieu de retourner chez eux, ils restent dans le bidonville. Certaines femmes qui ont suivi les cours n’arrivent pas à s’en sortir car le mari boit tout l’argent gagné ou ne veut pas qu’elle travaille. Il préfère qu’elle s’occupe des enfants.
Dans l’école, il y a également un centre de santé, avec un médecin généraliste, un dentiste et un laboratoire d’analyse.
Nous sommes allés dans le bidonville avec des employées de Junkabal, pour voir des élèves.
Je peux vous dire que voir un bidonville est assez impressionnant par la vétusté des habitations et les ruelles qu’il faut emprunter. Mais le plus horrible c’est de voir la couche de détritus, il y en a un bon deux mètres, sur lesquels ils vivent car le bidonville est placé sur une ancienne décharge. Arrivé juste en dehors du bidonville il y avait une odeur épouvantable. Elle venait de la nouvelle décharge, cent mètres plus loin.
On a vu une femme qui suit des cours à Junkabal et en attendant de pouvoir exercer son nouveau métier, elle va chercher dans la décharge du papier qu’elle revend.

Fundesa
Le 31 juillet, nous allons voir une Fondation qui s’occupe du tourisme, FUNDESA. Ils aident les petits hôteliers à améliorer les conditions d’hébergement. Ils financent aussi des brochures pour faire connaître ces hôtels. FUNDESA a décidé de participer l’année prochaine à une foire du tourisme en vue de faire connaître le pays. Au début des années nonante il y avait 400.000 touristes et aujourd’hui 650.000. Mais le gros problème, c’est l’insécurité qui règne dans le pays qui freine l’arrivée des touristes. Pendant que nous

étions à la capitale, l’un d’entre nous a lu le journal et a vu qu’une dame s’est fait tuer dans un bus car elle ne voulait pas donner son sac. C’était en pleine ville !
Les bandits n’ont presque rien à craindre car la justice n’est pas efficace. Dans les campagnes ce sont les villageois eux-mêmes qui font justice en lynchant le coupable. Dans ces conditions, il est difficile de convaincre les touristes de venir.

Myrna Mack
Le même jour nous avons un rendez-vous avec la fondation Myrna Mack. Myrna Mack est une anthropologue qui s’est fait assassiner par un dirigeant de l’armée en 1990. La fondation a été créée par sa sœur pour essayer de retrouver le coupable et les commanditaires. Aujourd’hui, ils se battent également pour le respect de la dignité humaine et pour l’égalité d’ethnie et de classe sociale.

Génésis
Le 1er août, nous visitons GENESIS, c’est une organisation similaire à FUNDAP mais qui fait uniquement les projets rentables, donc pas d’écoles ni de projets de santé. GENESIS a été créée la même année que FUNDAP et elles se sont, dès le début, partagé le pays pour ne pas se gêner. GENESIS, pour être plus rentable, essaye de se transformer en banque afin de ne plus devoir emprunter.

Union Européenne
Nous avons eu un rendez-vous avec le représentant de l’Union Européenne. Celui-ci était assez pessimiste sur les projets qu’ils ont avec le gouvernement actuel. Le président élu en janvier de cette année, Alfonso Portillo, est un proche de l'ancien dictateur Ephraïm Rios Montt, dont les années au pouvoir (82-83) furent particulièrement sanglantes.
Après six mois de pouvoir, l’on ne connaît toujours pas la politique du gouvernement et donc tout est bloqué pour le moment.
Par contre, il était optimiste de ce qu’ils réalisent avec les ONG.

Banque Interaméricaine de Développement
Le lendemain, nous allons voir le BID, qui lui, est tout à fait satisfait de sa collaboration avec le gouvernement. Le BID ne peut travailler qu’avec le pouvoir local. Son investissement au Guatemala s’élève à un milliard de dollars par an. Pour que l’Etat s’investisse un minimum dans le projet, 20 % est à sa charge. Le BID fait quand même quelques dons à des fondations comme Las Gravileas (les fours à pain).

A voir et à revoir dans les environs
Il y a d’abord la ville d’Antigua, déclarée patrimoine mondial par l’Unesco, c’est la ville touristique du Guatemala.
Mais le plus inoubliable, c’est de gravir un volcan, le Pacaya en particulier, qui est encore en activité.

YVAN COPPIETERS

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Voyage au pays du Quetzal
15 juillet au 5 août 2000 (page 2/2)