C'est au cours des années
'70, que les étudiants en médecine
nous avaient proposés à leurs autorités
acadé¬miques pour projeter leur architecture,
à leur image, à Woluwé-Saint-Lambert.
Là, nous avons pu faire pleine¬ment participer
« l'habitant », pendant plusieurs années,
seuls en face d'eux et d'une institu-tion jalouse.
Nos pratiques étaient écologiques
: bio car nous trai¬tions du mouvement de la
vie et non de l'objet seul, psy¬cho car les
tendances personnelles étaient plus prégnantes
que les techniques et socio car il importait de
bien mon¬trer les relations qui tissaient le
milieu et non les schémas analytiques qui
le contrai-gnaient dans une forme offi¬cielle
« UCL » qui sera toujours l'ennemie
de la leur.
Complexité des images
et des espaces, mélanges des usages compatibles,
mobilité des lieux devant la créati¬vité
communautaire des habitants, matériaux assez
ordi¬naires, techniques ouvertes (et non bruta-les),
refus de répétitions absurdes d'éléments
identi-ques, séparation des supports et des
apports, agglomé-ration de composants préfabricables
qui diversifient le paysage. Ceci a enfin produit
une autre image de l'architecture...
Pourtant, inquiet de mon manque possible d'objec-ti¬vité
et de méthode, j'ai demandé, pour
une courte période de travail plus intensif,
l'aide d'Anne-Marie Bouvy, une psychologue avertie
de ces pratiques. Celle-ci nous a fait découvrir
une autre technique professionnelle au delà
de nos tâtonnements d'ama-teurs spontanés.
Cela n'a fait que renforcer tout ce que nous en
avions déjà vécu avec les étudiants,
les servi-ces techniques, les ingénieurs
et admi¬nistratifs mira-culeusement motivés...
Curieusement, je n'ai jamais pu rencontrer un professeur
: un nettoyage ethnique réussi.
Après une vraie lune
de miel avec l'Alma Mater, les conflits ont éclaté
jusqu’à une guerre de tranchées
et une rupture brutale de contrat, suivie d'une
pénible réconci¬liation. N'empêche,
l'essentiel était réalisé !