Introduction
Le domaine du Vogelsang est
un scandale écologi-que à l’intérieur
de l’Eifel, qu’on ne pas peut décider
de réhabiliter en réutilisant innocemment
son architecture malgré son relent nazi ou
en y ajoutant des architectu-res insignifiantes.
On ne peut l’utiliser qu’en exorcisant
d’urgence ses espaces et ses images et exclusivement
par la signification de l’architecture…
Démilitarisons enfin le Vogelsang…
Autorité sur
le paysage
L'urbanisme NS avait artificialisé le paysage
exis-tant : d'abord à son usage propre, ensuite
à son image.
À son usage : transformation en une machine
impé-riale, sans caractéristiques
étrangères au « pro-gramme »
de la machine-même. Donc rien qui pro-vienne
du paysage ancien qui est incompatible avec les
fins géométriques nouvelles.
À son image : il est interdit aux irrégularités
aléatoi-res naturelles du paysage, de contredire
l’obéissance absolue de l’architecture
de cette époque à la symétrie,
à l'alignement, aux répétitions,
au style homogène, etc. Les abords ont tous
été nivelés pour y installer
les bâ-timents sur des plateaux abstraits
: leur trace au sol, est horizontale, en tout cas,
commandée les sépare du contexte.
Notre mutation de toute
l'aire construite :
Nous « adoucissons » cette discipline
unitaire : son échelle sera désarmée
d’abord par sa répartition en «
sous-quartiers » en contradiction avec sa
composi-tion centralisée : grâce à
nos nœuds « hors géomé-trie
», aléatoires et à nos implantations
qui ignorent les formes existantes.
Nous arriverons ainsi à gagner un minimum
de dé-sordre paysager qui induise un comportement
démo-cratique à l’inverse de
celui qui est imposé d’inspiration
« armée romaine ». Ceci nous
économisera des gesti-culations superficielles
destinées à distraire de l’ordre
existant. Ce ne sera pas à coup de narcissismes
d’architectures ou d’abstractions techniques
mais de formes significatives que nous arriverons
à affirmer une civilité…
Désordre (vie
et diversité)
Ainsi, il faut refuser aucun élément
d’architecture et d’urbanisme qui obéisse
à cette façon « late-modern
» ne considérer que des « problèmes
» et d’y inventer des « solutions
» : il ne s’agit jamais de problèmes
mais de processus holistes de civilisation.
Une déconstruction
tranquille
Ici, il s’agit bien de « déconstruction
», ce concept lit-téraire qui cherche
: « Ce qu’il y a derrière le
texte ? ». Ici, c’est le discours national-socialiste
de l’architecte et du maître de l’ouvrage.
Nous proposons une opération calme, éducative
et non-violente.
Et, par exemple, il ne faut pas dissimuler les insignes
nazis : aigles, croix gammées, sculptures
mâles, pho-tos-souvenirs, etc. Nous ne voulons
rien « camoufler ». mais plutôt
intensifier le contraste avec nos interven-tions.
Il ne s’agit nulle part de haine mais de respect
de l’humain en ajoutant lentement un sens
inverse de cette violence contenue dans les formes
N-S : ce sera une pédagogie empathique avec
les seuls moyens de l’architecture.
Des projets ?
Nos premiers dessins ne sont pas des « projets
» mais seulement des illustrations, des éventualités
des-tinées à faire comprendre le texte
et à motiver la parti-cipation d’usagers.
Dans cette perspective, le dernier grand bâtiment
est proprement incompréhensible : le commandant
Van Dooren, sans aucune hésitation a simplement
repro-duit l’architecture nazie comme si rien
ne s’était pas-sé : en parfait
accord avec elle… C’est grave…
Un outil naturel de
réhabilitation.
La devise du Parc national de l’Eifel est
: « Laisser faire la nature » : adoptons
la même action.
La reconstitution d’un paysage naturel devra
adop-ter un processus et non une fabrication. Après
avoir re-institué un relief varié
acceptable, on plantera des milliers d’arbres,
des espèces « sociales », soigneu-sement
variées et disposées « au hasard
», donc par-fois trop proches de façades
ou dans les chemins qui devront s’en détourner
(et non l’inverse).
L'objectif est celui de retrouver une assise de
forme organique, bienveillante, continue, au moyen
de re-liefs naturels et de se débarrasser
de cette machinerie disciplinaire...
Retrouver des reliefs
naturels :
On arrachera tout le revêtement dur qui colmate
des zones entières, sauf quelques rares places
mieux ve-nues : on les mettra en tas, ça
et là, en forme de colli-nes. La communication
animale et organique se re-construira entre le sol
et le sous-sol (insectes, chimie, rongeurs, pluies,
etc.) et la pluie percolera vers la nappe.
Les nouveaux reliefs, diversifiés, proposeront
sur leurs pentes nord, sud, est, ouest, des climats
variés qui vont inviter d'autres espèces
végétales spontanées et les
mêler suivant les orientations, soleil, pluies,
vents, etc. , pour favoriser une complexité
spontanée.