L’exercice consiste en
une réadaptation profonde des espaces scolaires
sans démolitions violentes. Il s’agit
d’une série d’adaptations destinées
à accueillir à la fois la nouvelle
organisation de la pédagogie et la nouvelle
attitude de vie scolaire.
Ceci nous demande un respect de l’existant
dans son usage mais non dans son image : les lieux
doivent offrir un usage fluide mais les images intérieures
et extérieures doivent dire un tout autre
discours. L’existant nous freine bien sûr,
pourtant, pour l’extérieur, nos interventions
parsemées mais contradictoires humaniseront
ces structures trop dures.
Toutes les occasions sont propices
à démontrer la nouvelle optique complexe,
particulièrement la couverture mouvementée
du hall d’entrée, les façades
ouvragées des deux bâtiments plus élevés
: l’internat et l’enseignement, les
ailes de la salle du restaurant, et puis la tour
à arbres, en premier plan depuis la départementale
417. Les autres bâtiments, peu touchés
deviennent secondaires dans le nouveau paysage.
Nous nous sommes attachés
à rechercher la plus grande variété,
d’abord dans les organisations des espaces
intérieurs : surtout les couloirs lugubres,
nous les éclairons et les déformons,
ensuite, pour l’enseignement, la division
en étages sans communication les uns avec
les autres, nous les rejoignons par des percées.
La salle du restaurant devient plus lumineuse et
plus aérée que le pauvre espace d’hier…
Vers l’extérieur,
l’ensemble constitué par l’entrée
nouvelle et l’aile des professeurs que nous
dissimulons sous les plantes fleuries grimpantes
à côté du nouveau hall prépondérant,
produira une image toute neuve. De même, au
nord du hall, le jeu des verrières, et des
annexes au restaurant préparent la vue sur
les jardins des élèves, « en
cours ».
Les serres, toutes nouvelles
et leurs locaux accessoires feront l’effet
d’un instrument de production compétent
et efficace, cadré par des plantations-masques.
Les étangs d’hélophytes, tracés
en paysager donneront une touche romantique insolite
à la phytodépuration.
Les circulations affirment la nouvelle organisation
: deux nouvelles voies : vers la SNCF et puis celle
des poids lourds depuis le nouveau rond-point sur
la nationale. Les élèves et les professeurs
suivent surtout une voie est-ouest juste au nord
du hall : elle conduit depuis les logements des
proviseurs jusqu’aux serres en cheminement
continu.
L’écologie de la construction a été
surveillée de très près mais
sans fanatisme, d’après les expériences
de la HQE. Elle demande aussitôt une attitude
différente de la modernité dure :
peu de répétition d’éléments
industriels, plutôt des éléments
aussi différents que possible, construits
au moyen de matériaux plus chaleureux.
La santé des matériaux a été
vérifiée : les produits douteux ont
été écartés et remplacés
par des plus naturels, renouvelables, sans manipulation
dangereuse, sans « Composants Organiques Volatils
» qui donnent des allergies, etc. Dans les
isolants nous choisissons les plus sains, certains
améliorés récemment. Autant
que possible, le bois est utilisé majoritairement,
en structure et en vêture, souvent suivant
des techniques plus adaptées. : le seul bâtiment
neuf est complètement en bois.
Une charte de chantier vert
sera imposée aux artisans.
Nous prévoyons des économies d’énergie
: isolations où nous intervenons (sans ponts
thermiques), chauffage au bois aidé du gaz,
collecteurs solaires.
Un circuit d’eaux usées,
issues particulièrement des serres, les récupère
et les conduit à une installation de phytodépuration
par hélophytes et à un stockage «
d’eaux blanches », propres et prêtes
être réutilisée. Il nous faudra
encore calculer dans quelle mesure nous pourrons
récupérer les eaux de pluie des anciens
bâtiments ?
L’éclairage naturel a été
accru à chaque occasion : la mise en compartiment
de l’enseignement sur deux niveaux a donné
auax classes des seconds jours, des ouvertures des
couloirs sur les façades, des pénétrations
profondes de lumière naturelle dans le nouvel
espace du restaurant, etc.
L’éclairage artificiel est soigné
non seulement dans son économie (appareils
efficaces récents) mais dans son efficacité
lumineuse, rendu des couleurs, calme, etc.
Le paysage a été
géré d’une façon d’autant
plus respectueuse qu’il s’agit d’une
école d’horticulture qui possède
un passé. Il ne nous semble pas adroit d’occuper
l’espace avec des objets-conceptions encombrants
ou trop voulus. Nous préférons nous
pencher sur le paysage quotidien et le travailler
intensément depuis l’étude jusqu’à
la confection. Nous proposons plutôt un jardin
qu’un concept de grande ambition. Poourtant
les interventions sont bien visibles et sensibles
depuis l’extérieur du lycée.
Autant nous critiquons l’architecture des
bâtiments et nous tentons de la dissimuler,
autant nous nous insérons discrètement
dans ce fort beau parc arboricole sans le déformer
mais en le complétant par des interventions
nombreuses, nécessaires et ponctuelles. Toutes
les petites situations seront soignées d’après
leurs différentes caractéristiques
d’usage et de situation, sans ces grands éléments
« structurants » qui dans le cas présent,
entreraient en compétition avec l’échelle
de l’enseignement et de la vie quotidienne
du Lycée.