Maintien à domicile.
Une architecture est essentiellment
un instrument de comportement.
Les Personnes Âgées ne sont pas une
substance dont les architectes disposent pour produire
des architectures narcissiques ou démonstratives
de techniques.
Ceci semble contradictoire
: toute la préparation de la Mairie et des
spécialisates qui ont aidé à
rédiger le programme de la Maison d'Accueil
visait explicitement la maintenue à domicile
et préparait une institution qui d'habitude,
dit durement l'inverse !
Nous avons d'abord préparé
des domiciles à disposition des Personnes
Agées pour ensuite seulement, les y maintenir,
les soigner, les aider sans jamais les contraindre
par une autorité institutionnelle mais surtout
par l'autorité de l'architecture. Pas d'objet-machine
! Pas de malades professionnels qui abandonnent
leur énerge devant le confort et la charité
!
De là vient cette disposition
des accès : chaque studio est indépendant
et possède deux entrées-sorties. Il
sort par son jardin : sa porte de jardin possède
une clé de porte à rue. L'habitant
(là, ce n'est pas un pensionnaire !), est
libre de ses allées et venues : il ne doit
pas passer par le contrôle de l'entrée
centrale s'il ne le désire pas.
Par contre, lorqu'il se sentira
en état de faiblesse, de dépendance,
même de désorientation, alors seulement
la porte de son couloir deviendra principale : les
aides en viendront, les soins, les repas. Tout cela
pour le maintenir dans son domicile, sans traumatisme
de délocalisation en cas de difficulté.
Il n'y a aucun décor
hospitalier dans les studios : on y installera les
équipements spécialisés seulement
là et à quel moment ce sera nécessaire
et on les démontera lorsque l'habitant n'en
aura plus besoin.
Le caractère de l'architecture
tend à montrer cette image d'anonymat, de
non-spécialisation dans une institution charitable
ou technqiue : ce sera comme une ville. Tous les
endroit sont différents, variés, obliques,
jamais répétés. Aucune répétition
ne provoquera des anesthésies ou des endormissements.
Chaque studio est différent de son voisin
par tous les éléments possibles :
orientation, formes, fenêtres, couleurs, couleurs
des murs et portes et fenêtres, matériaux
et couleurs de sols, jardins, etc. Nous souhaitons,
bien sûr que chacun emmène son mobilier
personnel (hors les lits spécialisés
ou les pièces manquantes).
Plusieurs studios forment une maison, plusieurs
maisons, une aile et l'ensemble prend l'image d'une
petite bourgade qui groupe des habitants "ordinaires".
Nous avons placé la
Maison le long du trottoir pour que les habitants
profitent du passage animé des touristes
et des villégiateurs et aussi des observateurs
de la réserve naturelle ornithologique et
de son splendide paysage. Pour cela, il y a même
"deux rez-de-chaussée superposés",
le dessus fournira une fort belle vue sur les marais
! Chacun possède au moins d'un côté,
une partie de plain-pied avec un jardin extérieur
pour assurer la sécurité et aussi
pour fournir des accès sans surveillance.
Les jardins sont aussi individualisés
que le programme et l'économie le permet
: nous y aurons des trajets accidentés, difficiles,
fatiguant comme défis aux valides et d'autres
faciles pour les béquilles et les faiblement
mobiles. Et beaucoup de variété de
micro-milieux et de biotopes. Une partie, quadrillée
de sentiers est réservée à
la culture de ceux qui sont vaillants et ont la
main verte. Des bancs permettent à d'autres
de jouir calmement du spectacle de ceux qui peinent.
C'est un parc actif.
Devant chaque studio, un arbre
différent sera planté : au moins pour
organiser la conversation entre voisins. Il y a
des possibilités de jardinage, à hauteur
de table s'il y a lieu.
Il
ne s'agit pas de maintenir en survie, mais en vie
! La plus dense et active possible, l'image de l'architecture
y contribue.