Le concours : École
maternelle « Bockstael »
Enfin, me voici parvenu à proposer un projet
pro-prement incompatible avec l’opinion moyenne
des architectes belges.
Lancé par la ville de
Bruxelles, sur un programme précis et sensible
(contacts, distances, performan-ces, etc.) ce concours
comprenait une obligation en-vironnementale, malheureusement
sans objectifs trop définis.
J’ai toujours cherché
à échapper à une façon
étouffante de regarder l’architecture
: la voir comme un objet séparé de
son contexte, de sa fonction spiri-tuelle, de son
impact sur le quartier, de son impor-tance politique,
et, à peine de son écologie (ceci
était exigé), c’est une mutilation
sauvage.
Nous y avons clairement défini
en tout premier lieu, les buts philosophiques de
notre proposition sans la lecture desquels l’image
est illisible : archi-tecture comme instrument pédagogique,
échelle du quartier, alignement à
rue en continuité bâtie, frag-mentation
des « maisons » en les rendant recon-naissables
pour garder une échelle « maternelle
», écologie d’après la
HQE française, globale. etc. ; un objet ludique
et scientifique (un lézard sortant d’un
bâtiment) ; une structure plutôt urbaine
qu’usinière fonctionnelle ; un lieu
central de rassemblement et quelques écrans
; du végétal prépondérant
; la lu-mière naturelle intense, du bois
sur une structure primaire en béton ; une
ventilation naturelle assistée par cheminées
solaires, vues à travers les locaux depuis
le trottoir, etc.
Le rapport décrivait
tout ceci : il n’avait été lu
par personne. L’architecte belge ne lit pas…