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Extrait
de La Maison – 02/1969
La Maison Familiale est une école
spéciale groupant les enfants de classes primaires
et comme le déclare Claire Vandercam, sous
la responsabilité de laquelle l'école
est placée depuis 1961, cherche à apporter
une aide psychopédagogique à des enfants
momentanément arrêtés dans leur
circuit normal d'enseignement primaire:
Les difficultés de ces enfants sont souvent
affectives ; elles se situent au niveau de la relation,
à la fois envers l'adulte, envers d'autres
enfants et envers eux-mêmes. Ils sont à
ce moment, peu disponibles aux exigences pédagogiques
traditionnelles. Il s'agit donc de leur procurer un
lieu de vie privilégiée ou ils puissent
trouver en eux-mêmes les motivations nécessaires
a chercher à appendre spontanément et
librement. Ce milieu de vie privilégié
est le résultat de deux attitudes qui co-opèrent
: Celle des éducateurs et celle de ceux qui
pensent le bâtiment.
Les efforts et les recherches des éducateurs
portent surtout sur leur façon d'être
devant les enfants, et leur façon de comprendre
et d'accueillir les réactions de chacun à
l'intérieur de son groupe. C'est en ce sens
que leur attitude est non-directive et suit l'enseignement
de Rogers, en évitant surtout de tomber dans
une théorie intellectuelle, où les enfants
seraient du matériau d'expérimentation.
Les éducateurs ont également été
amenés à reprendre et remanier leurs
méthodes de travail. Au niveau Durement didactique,
en lecture par exemple, la méthode phonétique
et graduée s'est révélée
efficace ; en calcul, les fiches graduées confiées
aux élèves leur permettent de découvrir
personnellement l'essentiel du programme traditionnel.
Dans le cadre de$ rééducations psychomotrices
plus spécialisées, la méthode
Ramain amène progressivement I'enfant à
prendre conscience de ses capacités et à
les développer autant que possible.
Le traitement par l'oreille Electronique
peut redresser certains troubles du langage de l'audition
insuffisante et mal équilibrée (d'où
découlent la dyslexie et la dysorthographie).
L’école pratique également des
psychothérapies de groupe ou individuelles
pour les enfants affectivement troublés.
Un tel programme éducatif
se traduit envers l'architecte plus par une attitude
dynamique que par des précisions fonctionnelles.
L'évolution actuelle de l'architecture est
très parallèle a cette attitude : elle
sort a peine d'une période de pseudo-rationnel.
de fausse industrialisation et de méconnaissance
de ces problèmes sociologiques, psychologiques,
culturels, difficiles à quantifier. C'est dans
cette évolution qu'on été composés
les bâtiments de la nouvelle « Maison
Familiale ».
J'ai cherché à
ne considérer comme nécessaire que ce
oui semblait réellement demandé par
la technique artisanale actuelle en m'appuyant sur
une économie raisonnable comme outil d’appréciation.
Ce qui ne me semblait orthogonal que par habitude,
je l'ai laissé jouer obliquement. Les éléments
qu'il me semblait nécessaire de répéter
de façon identique (portes intérieures
et extérieures par exemple), je les ai répétés.
Les fenêtres me semblaient plus individuelles
: je les ai totalement différenciées,
ce qui ne coûtait pas plus cher. Les locaux
de chacun des groupes demandent évidemment
la même orientation solaire : la meilleure.
Pourtant, j'ai préféré donner
a chaque groupe une sortie orientée différemment,
de façon à ce qu'il s'individualise
par rapport a son voisin. Dans le même but,
chaque local a une forme un peu différente
de celle du local voisin, alors qu'il a strictement
la même fonction calculable.
Une grande attention a été donnée
au groupement des chambres de l'internat. Les éducateurs
souhaitent d'assez petites chambres (quatre lits).
J'ai rassemblé ces chambres de façon
a y exprimer l'image des groupes eux-mêmes.
Au lieu de les aligner sagement
le long d'un couloir unique. Chaque groupe de trois
chambres possède son espace prive (éclairé
par le toit) ; l'ensemble des chambres a un espace
public intergroupes qui conduit vers l'escalier. Chaque
chambre a une dimension différente des autres
; de plus le plafond, qui suit le toit a une pente
très variable. L'allure générale
du bâtiment y gagne en liberté et en
expressivité : il devient de cette façon
un outil d'éducation.
Les
couleurs déterminées par Pierre Lahaut,
ont différencié encore chacun des groupes.
Rouges, verts ou bleus, ceux-ci retrouvent à
l'étage les mêmes tons sur les portes.
les rideaux, etc. Des flêches de la couleur
des groupes conduisent de l'entrée vers les
portes personnelles (en arabesque] ; à l'étage,
ce sont des pastilles qui conduisent de l'escalier
vers les groupes. Quant à l'équipement
mobilier, nous avons très vite renoncé
à trouver dans l'industrie du mobilier scolaire
des modèles qui puissent convenir : la mentalité
qui a présidé à leur création
était précisément celle que nous
voulions fuir. …..
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