Nous n’avons pu nous
résigner, pour un programme aussi diversifié
qui s’adresse à une population jamais
homogène, à proposer un gros bâtiment
monolithique, barrant ce morceau de rue avec son
R+3 et sa corniche continue.
Nous évitons les halls d’accueil traditionnels
distribuant l’escalier encloisonné
et l’ascenseur qui n’offrent qu’une
ou deux entrées à rue pour un si grand
ensemble. Les appartements du rez-de-chaussée
entrent directement depuis la rue. La façade
se rythme de portes personnalisées, de boîtes
aux lettres, de sonnettes.
Les volumes offrent pignons, rives, terrasses afin
de casser la ligne horizontale qui délimite
le ciel.
Les appartements s’accrochent au terrain et
entre eux, ils s’articulent par rapport aux
voisins, aux limites, aux circulations piétonnes
verticales et horizontales. L’ensemble cependant
est clairement circonscrit : il peut être
facilement clôturé et contrôlé.
La plupart du temps cependant c’est le bâti
qui joue clôture : nous ne voulons pas de
zoo.
Grâce à l’obligation de produire
de l’énergie, un maximum de toitures
présente une face orientée plein sud
pour y accueillir les capteurs photovoltaïques
et à eau chaude solaire. Ces pignons et les
petits retraits donnant vers la rue morcellent aussi
la proportion de la masse et la découpe vers
le ciel.
Les couleurs et les matériaux variés
aideront à la lisibilité des volumes.
Les appartements sont traversants, s’orientent
sur deux, voire trois paysages.
Les matériaux sont simples, traditionnels,
durables et faciles d’entretien. Pierre et
briques en soubassement, enduits, tuiles plates,
toitures végétales, balcons d’acier
et de bois.
Pas de démonstration de techniques équilibristes,
mais pas de monotonie facile.
Les piétons pénètrent sur
le site depuis la rue, en prolongation de la rue
Cotteau, entre deux bâtiments : on découvre
l’intérieur d’îlot, les
ascenseurs, coursives, escalier. En limite sud,
pour dégager la façade du voisin,
l’accès voiture, se glisse vers le
niveau bas arrière. Enfin, par la petite
desserte arrière, le piéton peut accéder
de plain-pied aux éléments de bâti
implantés en partie basse et à tous
les espaces verts.
Le choix de positionner en fond de terrain les types
5, « maisons de ville » en duplex sur
jardin et de négocier avec les niveaux existants
permet de limiter le nombre des ascenseurs à
deux.
L’un d’eux se rend au niveau de parking
qui est en réalité le rez-de-chaussée
arrière et n’est donc pas vraiment
enterré ni sombre.
Quelques coursives qui ne passent jamais devant
une pièce de vie permettent de mailler l’avant
et l’arrière en se fondant avec les
circulations sur la terrasse du rez-de-chaussée
haut et les cheminements de plain-pied. Toutes ces
circulations, verticales et horizontales, se font
à l’extérieur à l’exception
d’un petit tronçon de quelques mètres
séparant des T2. Animant l’ensemble,
évitant les coins sombres, les risques de
dégradation, l’éclairage artificiel
de jour, ces circulations s’offrent quelques
élargissements pour recevoir un banc, une
rencontre, un bac à plantes. Nous pointons
deux locaux poussettes au pied des ascenseurs.