« Le cinéma, c’est du rêve. Je dirais plus, c’est un cauchemar. C’est une tare, un poids. Ca m’empêche de respirer. Je suis obligé de faire du cinéma. Une manière de m’exorciser. Il y a une voix qui me pousse. Je n’ai pas le choix. Pour moi, le tabac, c’est le cinéma, et ma boisson, c’est la pellicule. » (L'Oeil du Cyclone, Duboi Canal+, 1996)

 

 

 

« Si j'avais les moyens de Spielberg, j'aurais fait mieux. S'il avait eu mes moyens, jamais il n'aurait fait du cinéma » (Cinéastes à Tout Prix, F. Sojcher, 2003)

 

 

 

« Je suis une personne électro-sensible. Je capte l'électricité des gens. Si je tombe sur des gens qui ont emmagasiné une certaine nervosité au cours de la journée, je le sens. Et quelques fois, des gens s'acharnent contre moi parce qu'ils savent que je leur prends un peu de mauvaise humeur. Plus les gens me haïssent, mieux c'est. Certains vivent de leur mauvaise humeur. Moi, j'en survis Je me nourris sur le corps du vieux monde ! C'est sans doute nécessaire à l'élaboration de mon oeuvre cinématographique »

 

 

 

« Quand quelqu'un souffre, je m'approche de lui et je capte sa souffrance. Si vous souffrez, ça m'intéresse. Si j'ai quelqu'un de déprimé en face de moi, je vais me nourrir de sa déprime, et ça provoque chez moi une certaine excitabilité, et je me sens prêt pour un nouveau tournage »

 

 

 

« Quand je tourne, je ne mange pas. Cette nervosité, ce manque, fait de moi une espèce de primate, j'en reviens à l'enfance de l'art ! (...) Il faut que mon cerveau soit en manque. Et les images comblent ce vide »

 

 

 

«  Celui qui osera critiquer ce film mourra dans la semaine qui suivra » (Furor Teutonicus)

 

 

 

«  Si tu roules à 180 dans le brouillard, tu sais bien que l'accident va arriver. Cannes, pour moi, cela devait finir par arriver. C'est normal. »

 

 

 

«  Je ne voudrais pas tourner ailleurs [qu'à Courcelles] : j'aime le ciel sombre, les rivières polluées, la Sambre, toutes les traces du vieux monde qui meurt. Je ne quitterais Courcelles pour rien au monde.  »

 

 

 

« La mort de l'artiste cinéaste sera une délivrance pour l'auteur, ses collaborateurs et ses acteurs. Et cela jusqu'au jugement dernier, le 31 juillet 2999 ». 

 

 

 

« Je suis comme les indiens. Si on prend mon image, on prend mon âme. Je suis possédé par les forces obscures ».

 

 

 

« Faire un film, c'est faire la guerre. »

 

 

 

« Mon cinéma est un art barbare. »

 

 

 

« Je réalise un cinéma d'instinct, comme je le sens, de l'art brut en 16mm : un vrai cinéma à l'ancienne, déloyalement concurrencé par des complexes cinématographiques de trente salles. »

 

 

 

« Furor Teutonicus est une production Canal +. On me proposait 3% de la production mais j’ai refusé, j’ai reçu un franc symbolique, je l’ai fait gratuitement, bénévolement car je suis un artiste. Ce que je veux, c’est faire du cinéma, pas gagner de l’argent. »

 

 

 

« Il ne faut jamais dépasser l’espace mental qui sépare l’acteur du réalisateur. Au moins quatre mètres » (L'Histoire du Cinéma 16, 2 bis)

 

 

 

« Je ne suis pas alcoolique, je suis non fumeur. Je n’ai pas de maîtresse, pas de GSM, pas de télé, pas de radio mais je fais du cinéma »

 

 

 

« Quand on est producteur de Jean-Jacques Rousseau, il faut se conformer à sa règle cinématographique et non l’inverse »

 

 

 

« Je me nourris du cinéma mais je ne vis pas du cinéma. Je n’en ai jamais vécu. Mes films ont été diffusés partout mais je n’en vis pas. Mais j’ai besoin du cinéma pour vivre »

 

 

 

« Pensez-vous qu’avec 250 euros, Spielberg serait capable de faire un film de 50 minutes ? Il n’aurait même pas assez pour remplir le réservoir de sa jeep ! »

 

 

 

« Enfant, je tenais un pic sous l’orage et j’attendais que Thor, le dieu de la foudre, me foudroie. Mais je savais qu’il ne me foudroierait pas parce que j’avais une mission à accomplir sur cette terre, c’était de faire des films »

 

 

 

« Avec 2500 euros, Spielberg n’a même pas les moyens de se payer le téléphone pour le mois. Si j’avais les moyens de Spielberg, j’aurais sans doute fait mieux que lui mais s’il avait mes moyens, il n’aurait pas fait de cinéma. Il se serait reconverti comme chasseur de papillons à Hollywood »

 

 

 

« Je ne sais pas si je suis un marginal. Je suis un type d’avant-garde. Je suis un incompris. On commence à comprendre les films que j’ai fait dans les années 70. Les films que je fais maintenant, on les comprendra dans vingt ans »

 

 

 

« Je donne le départ de l'action avec un coup de revolver et j'ai toujours mon couteau sur moi pendant un tournage. Le cinéma wallon est un cinéma résistant. »

 

 

 

« Certains critiques sont morts après avoir dit du mal de mes films. »

 

 

 

« Je dois être exorcisé, je suis un pécheur, j'ai été très très loin dans beaucoup de choses, il y a longtemps. Le cinéma, c'est mon exutoire, la seule manière de m'absourdre. » (Le Matin, 14/12/99)

 

 

 

« Il y a un code. Le JJR code. Pour comprendre mes films, il faut les voir plusieurs fois. Au moins quatre fois pour espérer les comprendre. Car il y a une mine d'or de codes et de textes ésotériques à déchiffrer. A vous de juger. Un historien m'a un jour demandé pourquoi il y avait un char romain dans mon film Furor Teutonicus. Pourquoi est-ce que Thor qui est un Dieu scandinave était dans un char romain comme dans Ben Hur ? Je lui ai répondu : c'est simple. A l'époque du paganisme, c'était les Romains qui vendaient les armes et les chars. Ce n'était pas les Américains ni les Russes comme maintenant. »

 

 

 

« L'obligation de faire du cinéma est chez moi une malédiction qui vient de mon grand-père surnommé Furor Teutonicus. Couché dans les boyaux de la mort à Verdun, ayant respiré à plein nez de l'hypérite, le début du siècle n'aura été pour lui que corps dépecés, morts déterrés plusieurs fois et sang projeté. La Belgique aura tenu, par le sacrifice de ses enfants, trente cinq kilomètres de front contre les Teutons durant la Première Guerre mondiale. Revenu chez sa femme en 1918, habitué à tuer, il devient boucher, s'acharnant cette fois sur les bêtes à cornes, avant de se suicider en 1944 avec un crochet. Aimé s'est tué ! Je suis né deux ans plus tard avec cette tare sur le dos. Tout mon cinéma est un hommage, sorte de rêve étrange dédié à Furor Teutonicus. Vous retrouverez donc nombre de personnages avec des cornes dans mes films ! Je suis un homme malade. »

 

 

 

« Pour moi, [le cinéma] est un sacerdoce. Si j'avais été à l'époque des Templiers, j'aurais certainement été avec Godefroy de Bouillon mourir sur les murs de Jérusalem. » (L'Hebdo, 19/05/00)

 

 

 

« Ma seule ambition est d'avoir une statue ou une rue à mon nom. L'argent ne m'intéresse pas. » (Expressmag, 28/02/05)

 

 

 

« Heureusement que [ma région] est économiquement sinistrée sinon je ne pourrais faire mes films. Si j'allais dans un endroit luxueux comme à Beverly Hills ou à Hollywood, je ne pourrais certainement pas faire le genre de film que je fais. Ici, je pense que j'ai tout ce qu'il me faut : j'ai la misère, j'ai les décors sinistres, j'ai un ciel homicide, c'est bon. » (L'Hebdo, 19/05/00)

 

 

 

« Je prévois un déluge universel. Je serai une espèce ce Noé. Les gens qui m'accompagneront dans mon oeuvre seront sauvés des eaux - ou du feu qu'on ne saura esteindre - dès qu'ils monteront dans l'Arche de l'Alliance. Je leur promets l'Eternité dans l'image. Ils ne vieilliront pas, ne mourront pas tant que l'image sera conservée. »

 

 

 

« J'espère un jour rencontrer Lazare, car lui seul ne mourra plus jamais puisqu'il est ressusciter d'entre les morts (un zombie ?). Par conséquent, il est toujours vivant. Je souhaite qu'il me révèle le calvaire d'être immortel ! Je pense que nous avons un avantage sur Dieu, c'est que nous mourrons. »

 

 

 

« Mon cinéma est un cinéma peut être plus artisanal, plus atypique que les autres. On a du mal à le définir mais les gens ont envie de le voir. Une fois qu’on a vu un Jean-Jacques Rousseau, on a envie d’en voir un autre »