« L'obligation de faire du cinéma est chez moi une malédiction qui vient de mon grand-père surnommé Furor Teutonicus. Couché dans les boyaux de la mort à Verdun, ayant respiré à plein nez de l'hypérite, le début du siècle n'aura été pour lui que corps dépecés, morts déterrés plusieurs fois et sang projeté. La Belgique aura tenu, par le sacrifice de ses enfants, trente cinq kilomètres de front contre les Teutons durant la Première Guerre mondiale. Revenu chez sa femme en 1918, habitué à tuer, il devient boucher, s'acharnant cette fois sur les bêtes à cornes, avant de se suicider en 1944 avec un crochet. Aimé s'est tué ! Je suis né deux ans plus tard avec cette tare sur le dos. Tout mon cinéma est un hommage, sorte de rêve étrange dédié à Furor Teutonicus. Vous retrouverez donc nombre de personnages avec des cornes dans mes films ! Je suis un homme malade. »