1ère partie: Le capitalisme se développe en créant la misère. Depuis 1860 les ouvriers se battent contre le capitalisme qui va de crise en crise.
Poussés jusqu'au bout dans la misère pour le profit et luxe, ils pillent les hangars de blé et sabotent les usines. Leur colère est reprimée chaque fois dans un bain de sang. C'est ainsi qu'ils apprennent à se battre de façon toujours plus organisée. Ils créent des mutuelles, des coopératives et des syndicats. C'est cette dernière forme de résistance que Marx et Engels soutiennent quand ils fondent l'Internationale à Londres en 1864.

Des enfants triant le charbon.
Comme aujourd'hui encore dans le monde , la loi du profit ne recule pas devant l'exploitation du travail des enfants.


Enfants triant le charbon



Vincent Van Gogh, vivant comme prêtre ouvrier à Jemappes (Mons) parmi les mineurs, décrivait dans les lettres à son frère la condition ouvrière de l'époque :
" L'homme du fond de l'abîme, de profondis, c'est le charbonnier... Voici à peu près deux ans déjà que je vis avec eux et j'ai appris à connaître quelque peu leur caractère original... Et de plus en plus je trouve quelque chose de touchant, de navrant même, dans ces pauvres et obscurs ouvriers, les derniers de tous pour ainsi dire et les plus méprisés, qu'on se représente ordinairement par l'effet d'une imagination vive peut-être, mais très fausse et injuste, comme une race de malfaiteurs et de brigands."
( lettre à Théo Van Gogh, août 1880)

Van Gogh: femmes mineurs au Borinage 1880


Habitations ouvrières à Châtelet
















Une ruelle à Anvers

En 1867, les crises successives font de Charleroi une poudrière. Les prix des vivres sont les plus élevés du siècle et une grève éclate dans toutes les mines. Les grévistes pillent les moulins à blé de la région. L'armée ouvre le feu: trois morts.

L'année suivantee les salaires baissent toujours et une nouvelle grève éclate. A Montignies sur Sambre (près de Charleroi) les grévistes veulent démolir la mine " l'Epine". Les soldats ouvrent le feu sur la foule: six morts.

L'Internationale - fondé par Marx et Engels en 1864 - envoit des militants sur place et aide à organiser les syndicats.


1867: Fusillade à la mine l'Epine (Montignies s/ Sambre)
2ème partie, La spirale de la violence: Les ouvriers s'organisent pour combattre la misère. La bourgeoisie renforce son pouvoir
En 1871, à Paris, les ouvriers ont empêché que l'armée allemande rentre dans Paris et ils ont renversé le régime de Louis Bonaparte. Ils ont instauré le premier Pouvoir Ovrier de l'histoire: la Commune de Paris. La bourgeoisie s'est réorganisée à Versailles et a réussi à renverser la Commune. Elle l'a réprimée avec une brutale férocité, faisant fusiller plus de dix mille communards au cimetière Père Lachaise.
Cette lutte historique étouffée, -dans les années qui suivent - partout en Europe le capitalisme veut détourner la crise avec l' introduction des machines et des techniques modernes, surtout dans la sidérurgie et dans l'industrie du verre.
En 1886, une vague de licenciements massive s'ensuit en Wallonnie -une des regions industrielles les plus avancées de l'époque.

Dans les années 1880, l'industrie de Charleroi était une des plus avancées du monde. Elle comptait 35.000 mineurs -dont 3.000 femmes -, 12.000 métallos, 7.000 verriers.
Sur une population de 250.000 habitants, il y avait environ 60.000 ouvriers.

A partir de 1885, la situation touchait à son comble.
La sidérurgie Carolorégienne était concurrencée par les autres centres sidérurgiques, qui à leur tour avaient introduit des machines et des techniques modernes. A Charleroi, les commandes et la production diminuaient.
Dans les verreries carolorégiennes, le patronat à choisi d'installer de nouveaux procédés de fabrication pour augmenter la productivité. Elle commence à retsructurer.
Aussi bien pour les sidérurgistes que pour les verriers, le résultat était que l'emploi est sacrifié et que leur niveau de vie rejoignait celui des mineurs qui étaient les plus nombreux et les plus mal lotis de tous.


Dans le Borinage (Hainaut), en février 1885, les mineurs ont mené une grève de six semaines contre la baisse de leur salaire. Ils ont reçu de l'aide venant des coopératives et des mutuelles des ouvriers flamands et wallons.


Site sidérurgique à Couillet (Charleroi) -environ 1885

Liège: la manifestation est arrêtée par l'armée au pont des Arches

C'est à Liège, l'autre grand centre industriel du pays, que se produit l'étincelle de la révolte

Après la défaite de la Commune de Paris, Marx et Engels en ont fait le bilan et ils l'ont ajouté dans leur "Manifeste du Parti Communiste". Ils concluent que la défense de l'intérêt quotidien seule ne suffit pas aux ouvriers. L'enjeu étant d'ordre politique - une lutte pour le pouvoir - il faut créer une nouvelle forme d'organisation: le Parti Social Démocrate.
En Belgique, des militants sociaux-démocrates fondent le POB en 1885. Ils veulent réunir les syndicats, les coopératives, et les mutuelles. Ils revendiquaient le droit de vote pour les ouvriers pour que le POB puisse devenir le relais politique de leurs aspirations.

Le 18 mars 1886 à Liège, des militants socialistes appellaient à une manifestation pour commémorer la Commune de Paris de 1871. Quand cette manifestation traversait les quartiers riches du centre de la ville, la colère des ouvriers a monté. L'armée est intervenu. Toute la nuit des groupes faisaient des pillages et affrontaient la garde-civique. Le lendemain matin, on comptait deux morts.


Le lendemain, le 19 mars, les mineurs de Jemeppe-sur-Meuse (près de Liège) ont entamé une grève pour une augmentation de salaire. Elle s'est répandue immédiatement dans tout le bassin liégeois.
Les gardes civiques de Louvain et de Bruxelles furent envoyés pour réprimer la lutte. Quelques jours après, le tribunal de Liège prononcait 77 condamnations. Un ouvrier -Wagener- fut condamné à 5 ans de prison pour "avoir incité aux pillages".

 


Les lanciers attaquent un piquet à Jemeppe-sur-Meuse

3ème partie
La révolte générale et la répression sanglante
Une semaine après les événements à Liège, les bassins houillères du Hainaut (Charleroi, le Borinage et le Centre) s'enflamment à leur tour. Le jeudi 25 mars 1886, le charbonage du "Bois Communal de Fleurus" se mettait en grève et faisait arrêter une mine voisine, la "Société du Nord" à Gilly. De mine en mine, des groupes de grévistes formaient des cortèges et se répandaient partout pour arrêter d'autres puits.



Mineurs en grève 25 mars 1886


A Mariemont,au puits du Placard, l'armée disperse un piquet en tuant deux personnes


Charge à la verrerie Monseu à Jumet

Le lendemain 26 mars, parout les mineurs en grève organisaient des piquetrs volants et arrêtaient les laminoirs, les fonderies et les verreries de la région. Le bourgmestre de Charleroi, Jules Audent, leur interdisait l'accès au centre de la ville et préparait la répression. Il ordonnait les citoyens à rester chez eux pour ne pas " devenir victime de leur curiosité".

Les ouvriers se sont alors repliés vers les usines dans les faubourgs où leur colère se déchaînait .

 

Surtout les verreries furent mises à sac. Là, les maîtres verriers avaient renforcé leur rentabilité par l'introduction de techniques ultra modernes. Le surplus d'ouvriers qui en résultait fut jetté en masse dans la rue .
Les sidérurgistes aussi perdaient leur emploi, mais à cause de la concurrence des autres bassins -dont l'outil était plus moderne que celui des maîtres de forges de Charleroi.
Les mineurs enfin se voyaient barré ainsi l'accès à l'emploi dans ces secteurs pour échapper à leur condition. Ils n'avaient plus d'issue pour sortir de la misère noire qu'ils vivaient au fond de la mine où la mort rodait en travaillant.

Les ouvriers de tous les secteurs perdaient leur emploi et le patronat mettait ce chômage massif à son profit en faisant baisser les salaires et les maigres acquis négociés pendant les années 'fastes'.


A la verrerie Lambert, les femmes s'interposent entre la troupe et les grévistes

Charge lanciers à la verrerie Baudoux

 

Des grévistes, interdits de rentrer à Charleroi, furent repoussés vers le Nord de la ville. Là, petit à petit des groupes se sont formés et quelques uns de ces groupes errants se sont rencontrés à Jumet. Ces 5.000 personnes se sont alors dirigés vers la verrerie Baudoux toute proche. Les lanciers les ont chargé, mais la masse des ouvriers les a repoussés.

 

4ème partie: La misère est sans issue et la répression barre toute résistance.
Traités comme des vagabonds,chassés et expulsés hors des villes, les ouvriers de tous ces métiers confondus se sont finalement révoltés contre les machines et leurs 'maîtres". Ils se heurteront à la répression meurtrière de la bourgeoisie.
Sans parti et avec des syndicats à peine nées, les ouvriers sont poursuivis et chassés partout.. L'armée installe la terreur et la répression.


A Jumet, les ouvriers ont repoussé l'assaut des lanciers et
commencent à piller le château de la verrerie Baudoux


Le château du maître verrier et sa verrerie sont incendiés
Le soir, la troupe a fait trois feux de peloton: 4 morts.


La fusillade du 29 mars, à Roux

Le lundi, 29 mars, dans le centre de lindustrie verrière au nord de Charleroi, les soldats ouvrent le feu sur des grévistes à Roux, faisant un massacre de 12 morts.

Le jour de l'enterrement des victimes donne lieu à une mise en scène monstrueuse, dans le but d'impressioner les grévistes:
La morgue fut encerclée par la troupe. Les cadavres étaient mis dans une fosse qui était trop petite. Elle fut élargie à la pelle pendant que tout près on sciait encore les planches pour les cerceuils. Ils étaient cloués au bruit de marteaux au fur et à mesure qu'on descendait les cadavres dans la fosse.


La garde civique auprès des victimes dans la morgue à Roux

A gauche, des soldats surveillant le travail dans une verrerie

Dès avril les usines reprennaient petit à petit le travail, mais dans les mines les grèves continuent à flamber, les patrons refusant toujours d'augmenter les salaires.

5ème partie: La loi des armes, la justice politique et la politique des promesses
Plus les capitalistes font la chasse au profit - par le progrès technique et en procédant à des licenciements, des baisses de salaire et des hausses des prix - et plus le bras armée de l'Etat devient cruel dans la répression pour maintenir en place cet état de choses.
Les derniers jours de la révolte, il y a encore eu vingt tués à Roux et quatre morts à Jumet. Dans les champs, aux bords des villes, dans les jardins, dans des maisons abandonnés
on trouvera encore des dizaines et des dizaines de corps dans les jours qui ont suivi. Ces étaient les victimes de snipers de l'armée et des milices civiles.

Cette trace de sang et de mort était l'oeuvre du lieutenant général baron Van Der Smissen qui était envoyé dans la région de Charleroi le 27 mars.
Dans son sillon suivaient à leur tour les politiciens libéraux et catholiques, faisant des promesses pour diviser la lutte des travailleurs qui reprenait toujours et qu'ils n'arrivent pas à éteindre par la
répression brutale....

Annobli baron par Léopold II aprèsavoir guidé l'expédition militaire Belge au Mexique -pour mettre la princesse sur le trône - le général Van Der Smissen a été envoyé à Charleroi le 27 mars 1886.

Il déclara à l'échevin Defontaine: " La garde civique est tenue de faire le feu sans sommation sur les émeutiers et il faut donner des ordres en conséquence. Je sais que c'est illégal, mais je me moque de la légalité. On m'a envoyé ici pour rétablir l'ordre et je la rétablirai par n'importe quel moyen".

Une des mesures de ce général fut l'appèl à former des 'milices civiles':
" Je réponds à tout le monde la même chose, c'est à dire qu'il faut commencer par se protéger soi-même contre les voleurs et que les fusillades qu'on entretiendrait de la sorte, attireront au besoin l'intervention des troupes voisines beaucoup plus rapidement que les télégrammes".


Patrouille bourgeoise


La Commission du Travail est instaurée le 17 avril 1886

La paix de fer ainsi instaurée dans les rues n'arrivait pourtant pas au bout de l'arme de la grève. Les mineurs continuaient leur lutte contre le refus des patrons d'améliorer leurs salaires et de baisser les prix dans leurs magasins où les mineurs étaient obligés de faire leurs courses. La révolte continuait à couver et en juin la situation était au bord d'une répétition de celle des mois de mars et avril.

La bourgeoisie paniquait et elle a inventé d'autres moyens pour imposers la paix sociale. Le 17 avril elle instaurait une Commission du Travail .


Le 9 novembre, le roi Léopold II en indiquait le caractère politique lors de l'ouverture du parlement: "Peut-être a-t-on trop compté sur le seul effet des principes, d'ailleurs si féconds, de liberté. Il est juste que la loi entoure d'une protection plus spéciale les faibles et les malheureux".

Avec quelques concessions faites par la Commision, l'aile modérée du parti catholique voulait protéger ainsi l'ordre social. La bourgeoisie libérale ajoutait son piment et insista pour qu'on y fasse participer des scientifiques. Elle voulait y former quelques futurs mandataires comme Hector Denis, qui deviendra plus tard même député socialiste.

Avec César De Paepe, le l'aile gauche du POB critiquait la participation à la Comission et déclarait qu'elle n'était constituée que pour la forme et qu'elle n'aboutirait à rien. Le POB (BWP) de Gand par contre (où Edward Anseele dominait avec ses coopératives) accepta la proposition du roi, à condition que des délégués puissent y participer. L'histoire donnera raison à Depaepe: la commission se contenta effectivement de" prendre note des conditions de vie et d'écouter les demandes des travailleurs".

Malgré cette ambiance, les délégués entendus ont eu le courage d'exprimer leur programme politique: suppression du tirage au sort pour le service militaire, diminution du temps de travail, fixation d'un salaire minimum, interdiction du travail des femmes et des enfants dans la mine, une loi sur les accidents de travail, des caisses d'assurance contre le chômage, la maladie, la vieillesse et l'invalidité.
Avant tout, ils ont avancé la revendication du droit de vote, mais la commission a refuse carrément de prendre note de celle-ci.

La loi, dont Léopold II disait vouloir 'entourer plus spécialement' les faibles et les malheureux se résumait en fait à une loi contre l'obligation d'acheter et de boire dans établissements du patron. Elle ne fut d'ailleurs presque pas contrôlée dans les années qui suivaient.

Il faudra encore attendre trois ans avant qu'une loi interdisant le travail des femmes et des enfants dans les mines soit votée en 1889, sous la pression de manifestations et de grèves dans tous les secteurs et de tout le pays.



César De Paepe
6ème partie: En 1886, partout dans le monde les travailleurs se sont dressés contre la crise. Partout, pour défendre son hégémonie la bourgeoisie a eu recours aux mêmes méthodes que celles utilsées dans le Hainaut et à Liège.
La volonté de réprimer la révolte des travailleurs, par tous les moyens, s'est manifestée dans tous les pays industrialisés en 1885-1886. Le capitalisme, qui a érigé la liberté de faire du profit en système dominant, ne parvient qu'à créer régulièrement des crises économiques.
Ils se plaignaient des méfaits de la concurrence mais tous, main dans la main, ils étouffaient dans le sang le mouvement pour le suffrage universel et pour le socialisme.
Contre les syndicats et le désir des travailleurs de réaliser des changements sociales, la bourgeoisie a dévéloppé tout un arsenal de provocations,d' infiltrations, de diabolisations, de forces repressives ainsi qu'une élite politique, juridique et policière..

En février 1886 s'est produit une émeute à Londres
Dans une lettre, Engels écrivait que la crise s'approfondissait depuis 1878 et qu'elle mettait en évidence le déclin de l'hégémonie du capitalisme anglais.
La bourgeoisie se divisa entre partisans d'un renforcement de la concurrence sur les marchés étrangères, d'autres qui voulurent le protectionnisme, et d'autres encore qui voulaient défendre le" fair trade avec des tarifs discriminatoires..
La Fédération des Sociaux Démocrates (FSD) étant très faible, ces différentes fractions de la bourgeoisie avaient tout le terrain pour eux et exploitaient les troubles causés par la crise, chacune pour ses propres causes.

La FSD organisait un meeting à Trafalgar Square, tandis que Hyndman (un opportuniste) en tenait un dans un autre coin de l'endroit. Ce dernier réussit à faire démarrer une manifestation avec les plus démunis parmi l'assistance présente. Il défilait à travers la prestigieuse Pall Mall où loge la haute finance mais l'opportuniste n'avait pas de but clair pour cette manifestation improvisée. Elle dégénèra finalement en débandade, ou comme Engels le résumait: "ils dépossédèrent les pubs et socialiserent leur contenu".

La police laissait faire et Engels critiquait que ce cours des choses arrangeait les Conservateurs. Ils venaient de perdre le pouvoir au détriment des libéraux et ils voulaient rendre les libéraux responsables de la situation pour se remettre en selle en jouant le thème de l'insécurité.


Trafalgar square Londres, février 1886


Chicago, Haymarket le 3 mai 1886

Le premier mai 1886, à Chicago, la compagnie McCormick Harvester décrètait un lock-out contre les ouvriers syndiqués qui voulaient partir en grève pour la journée de huit heures. Deux jours plus tard, le 3 mai, une bagarre avec les jaunes éclatait et la police a tiré dans le piquet causant plusieurs tués et vingt blessés.
Le soir lors d'un meeting, le gouverneur, le maire et le commissaire de police étaient critiqués pour leur intervention. A la fin du meeting, lorsque la foule se dispersait, la police a chargé une bombe a explosé: elle a fait 11 morts et plus de cinquante blessés.

Cet événement a été suivi d'un proces contre 8 militants présumés des "Chevaliers du travail"- l'embrion des syndicats aux USA.
L'histoire démontrera plus tard que c'était une mascarade du début à la fin et montée de toute pièce pour faire condamner à mort huit militants politiques et syndicaux.

Cet événément est à l'origine de la décision de la IIe Internationale Socialiste de célébrer cette journée du 1er mai comme journée de lutte internationale pour les huit heures.

Dans l'accusation contre les 8 inculpés, le juge - un anti syndicaliste notoire- utilisera la notion que les accusés seraient coupables d'avoir" proféré par paroles et discours des attaques contre la police et les hommes politiques" et que " tout était prémédité lors de réunions ": deux notions qui figurent aussi dans l'article 64d du code pénal belge, utilisé dans le proces contre les travailleurs de Clabecq.

7ème partie : Démocratie et soumission, deux faces d'un seul pouvoir
A l'hötel de ville de Bruxelles, la commission a étriqué en long et en large la misère des travailleurs et
insisté à la nécessité d'entourer les faibles et les malheureux " d'une protection spéciale".
A quelques centaines de mètres de là, au Palais de Justice, la bourgeoisie s'entourait elle-même d'une autre protection -spéciale aussi celle-là - contre ceux qui veulent faire sortir les travailleurs de la misère: la répression juridique et politique.


Alf'red Defuissaux

Alfred Defuissaux, auteur du "Catéchisme du Peuple" fut tenu responsable des émeutes de 1886.
La question posée au jury à son égard:
" Est-il coupable d'avoir écrit "le cathéchisme du peuple" et d'avoir, par cet écrit, méchamment et publiquement attaqué la force des lois ou provoqué à y désobéir?"
fut répondue par un OUI.
Il a été condamné à 12 mois de prison.

Lors du prononcé, il s'est échappé de la salle d'audience et a réussi de s'enfuir vers Paris d'où il a continué son action pour le suffrage universel.



Edouard Anseele

Edouard Anseele fut jugé à Gand à cause de son appèl aux soldats flamands de ne pas tirer sur leurs frères wallons.
La question posée au jury pour Anseele
" Est-il coupable d'avoir contesté la force des lois et d'avoir incité directement à leur désobéissance?"
fut répondu par un OUI.


Il a été condamné à 6 mois de prison et il s'est constitué prisonnier revenant d'une Conférence Internationale Ouvrière à Paris où il représentait la Belgique.



Groupe d'ouvriers avec des objets pris au Château Baudoux


Des centaines d'autres condamnations " sévères et exemplaires".

A Charleroi, les prisons furent pleines à craquer après ces quelques jours de révolte. Une fois les émeutes étouffées, des centaines d'ouvriers arrêtés ont été trainés devant le tribunal où le procureur du roi estima qu'il fallait faire preuve d'"une répression sévère et exemplaire".

Quelques exemples de cette justice exemplaire:
Falony Louis, 39 ans, houilleur à Charleroi Nord, "A bu 2 bouteilles de vin, provenant du Château Baudoux, avec des amis à son domicile": condamné à 2 mois de prison.

3 femmes
pour avoir " volé 31 balais chez Baudoux": condamnés respectivement à 8 jours, 2 mois et 3 mois de prison.

Degroote, Charles-Louis
, houilleur, 17 ans, pour avoir " exécuté, assisté ou coopéré au bris de la S.A des Glaces de Roux" : condamné à 12 ans de travaux forcés.


Poty, Victorien,
journalier, 39 ans, Pont-à-Celles, pour avoir été présent aux portes des usines de la région" dans le but de forcer l'augmentation des salaires ou de porter atteinte à la libre exercice de l'industrie ou du travail avec violence, injures ou menaces". Pour cette participation à ce qu'on apelle aujourd'hui un piquet de grève, il fut condamné à des travaux forcés à perpétuité.

Le proces politique, la bourgeoisie l'a réservé à l'ennemi du capital: les travailleurs organisés

Xavier Schmidt et Oscar Falleur, deux syndicalistes de "Les Verriers Libres" ont été poursuivis et condamnés comme dirigeants des "émeutiers" de Charleroi.

Quelques questions posées par le juge aux accusés:
" Vous avez dansé, ri et chanté pendant que l'incendie faisait rage?"
" De quel droit imposiez-vous des lois aux patrons?"
" Vous personnifiez l'Union Verrière?"
"N'avez-vous pas conservé de ressentiment suite à ton renvoi par Baudoux il y a dix ans?"

A la question au jury : " Est-ce les accusés sont coupables d'avoir porté atteinte à la liberté des maîtres ou des ouvriers?" la reponse était OUI.
Sous le chef d'accusation d'avoir excité au pillage, Schmidt et Falleur ont été condamnés à vingt ans de travaux forcés.

Epilogue: Emigration et amnistie, classe ouvrière et lutte pour le socialisme


Cette période insurrectionnelle s'est finalement étriquée. Elle sest dissoute dans l'émigration massive des exclus de l'époque qui fuyaient ainsi la misère. Poussés par la misère ou la répression, des centaines de milliers ont abandonné famille et pays pour émigrer vers les Etats Unis et l'Amérique du Sud.
Falleur était parmi eux et il fut acueilli par le membres des " Chevaliers du Travail".

 

 

Dans la volée des premières concessions obtenues du gouvernement, les ouvriers ont continué leur lutte pour faire respecter les objectifs que la Commision d'enquête de 1886 avait essayé de camoufler

Ils ont organisé des manifestations et des grèves pour le suffrage universel et pour la journée de 8 heures. Ils n'ont pas oublié non plus leurs camarades condamnés au procès de 1887 et ils ont obtenu leut amnistie quelques années plus tard.

 



Gand - 1893: grève générale

Marx et Engels ont écrit que c'est dans cette période inaugurée par la Commune de Paris en 1870 que la bourgeoisie a perdu sa place d'acteur unique sur la scène sociale dans le monde et que les travailleurs journaliers se sont transformés en classe ouvrière qui s'oppose à la logique du profit et à l'exploitation qu'elle subit de la part de classe bourgeoise, capitaliste.
Par vagues, inlassablement elle a continué à mener la lutte pour la suppression du travail d'enfants, du travail de nuit et le travail épuisant pour les femmes et à lutter pour la journée de 8 heures pour le suffrage universel. Les grèves des années 1880 montrent sa force et sa présence sur la scène internationale.
Depuis cette époque, la classe ouvrière a arraché le flambeau de l'émancipation des mains de la bourgeoisie et elle a inauguré le chemin de la défense de l'intérêt collectif: les soins pour les enfants en bas age, l'enseignement obligatoire pour tous enfants, les soins de santé, les pensions, le sécurité sociale et contre la division de la société en riches et pauvres.

Marx disait que la crise n'était plus le signe de l'accouchement douloureux du capitalisme comme système remplaçant le féodalisme. Dans " Le Capital" il a démontré comment la crise est provoquée par la loi d'arain du capitalisme lui-même: celle d'organiser la production dans le but de créer toujours plus de capital. Le capitalisme ne permet pas d'éliminer la fossé entre nantis et misérables parce qu'il en est lui-même la cause.
En analysant leur époque -il y a plus de cent ans - Marx et Engels ont démontré que le capitalisme est taré de ses propres limites, comme l'ont été avant lui l'esclavagisme et le féodalisme .
La bourgeoisie à arraché la science et la machinerie du carcan de l'époque des seigneurs féodaux, pour les dévolopper afin de faire accroître leur capital. Pour garantir leur monoimpole sur la production des richesses ils ne veulent les dévéolopper que comme des moyens privés et sont prêt à des guerres et des massacres pour que les choses restent ainsi. A leur tour ils ont soumis la science et la technologie à leur intérêt borné.

Mais Marx et Engels ont formulé aussi une autre loi que celle du profit capitaliste: celle de l'histoire de l'émancipation de l'homme.
Quand que la nature est empèchée de faire son travail elle trouve toujours des voies pour suivre son cours...:
La bourgeoisie a arraché petit à petit les outils du progrés des mains des féodaux, mais une fois bien en selle elle a fait naître à son tour une nouvelle classe, capable celle-là de les utiliser comme instruments de progrès et d'émancipation de l'humanité. Elle en a eu besoin pour faire tomber le féodalisme en 1789 avec lka révolution française et puis pour exporter son système par les guerres napoléonniennes, puis pour consolider sa position et la reconquérir quand elle l'avait perdue dans la période 1815-1848.
La classe ouvrière est capable de jouer son rôle pour mettre le technologie et la sciece au profit de l'humanit et nonpasàune lite toujours plus retsreinte et plus riche. Eles apable parce qu'elle n'a pas d'intérêt privé à défendre et elsait que la force du travail collectif et la science peuvent satisfaire les besoins de tous les habitants de la planète, dans le respect de l'homme et de la nature.

Avec la clase ouvrière pointe aussi l'aube dune société sans classes, où il n'y aura plus deux groupes da asocité avec des intérêts de classe opposés. L'Etat n'aura plus la fonction de reprimer la classe soumise. Il ne servira plus à dominer les contradictions entre les hommes, mais il règlera les contradictions entre l'homme et la nature.
Il n'y aura au fond plus d'Etat, mais il y aura la libre association entre producteurs libres et où chacun pourra vivre selon ses besoins.
Ce n'est que sous le socialisme que ces conditions peuvent être réalisées.


1993- Manif Bruxelles suffrage universel