Les trois positions.

Généralités.

Une position très stable et très équilibrée sera l'objectif initial du tueur, de même qu'une bonne assiette ou une bonne attitude de réception sont des éléments essentiels pour un cavalier ou pour un volleyeur.

Disposer d'une excellente position est une condition impérative. Des résultats très élevés ne pourront être atteints que si le tireur dispose d'une grande stabilité et d'un parfait équilibre. Nous décrivons plus loin les facteurs fondamentaux de chacune des trois positions du tir à la carabine.

D'une manière générale, on peut considérer que l'acquisition de chacune des 3 positions -couché, debout, genou - fait I'objet d'une même démarche, quel que soit le tireur.

Les débutants devront, avant tout, acquérir une bonne position. II faut acquérir, au travers d'un entraînement bien conduit une position qui peut être tenue sans ou avec très peu d'effort musculaire Cette démarche permet d'acquérir des sensations musculaires très fines qui constituent un des buts essentiels à attendre. Nous voulons montrer par là qu'une grande force musculaire n'est absolument pas nécessaire. L'acquisition de la position pourra se faire avec l'aide éventuelle d'accessoires de tir autorisés comme la bretelle de tir.

L'obtention de ces sensations fines demande au débutant beaucoup de temps. Lorsqu'elles commencent à être maîtrisées, la bouche du canon devient alors stable, ce qui permet de lâcher dans de bonnes conditions. Si la sensation musculaire n'est pas suffisamment développée, l'arme est maintenue avec trop d'énergie et la bouche du canon tressaute immanquablement. II est donc essentiel de consacrer suffisamment de temps à l'obtention d'une position de qualité.

L'acquisition d'une bonne position se fait de manière très progressive. Tous les éléments qui composent une position doivent être étudiés sans négligence et sans trop d'interprétation personnelle. C'est la seule manière de travailler, car l'objectif majeur recherché est que cette positon permette d'obtenir des résultats en compétition.

II existe évidemment des variantes qui autorisent de bons scores à l'entraînement. Mais dans le cadre d'une compétition, la tension nerveuse et les fortes pulsations qui en découlent entraînent des modifications de l'attitude du tireur. On doit donc s'attacher à soigneusement étudier chaque aspect d'une positon, faute de quoi des scores médiocres viendront sanctionner un travail hâtif.

Les différentes directives qui sont exposées dans les chapitres suivants permettent d'obtenir assez rapidement une position apparemment stable pour un observateur extérieur. Cela ne signifie pas pour autant que l'arme soit réellement stable et que l'équilibre soit parfait. La stabilité est vraiment atteinte lorsque les différents muscles et tendons se sont habitués aux différentes sollicitations et que cela a permis d'acquérir une sensation d'exactitude du maintien de la position de tir. Cela ne peut être le résultat que de patientes répétitions effectuées au cours entraînements fréquents. C'est l'unique secret pour arriver à bien sentir "sa position".

Les conseils qui sont développés ci-après sont adaptés à des corpulences de valeurs moyennes. Ceux dont la corpulence s'éloigne de cette valeur moyenne doivent adapter les conseils sans trop s'écarter des principes de base.

Par ailleurs, les explications sont présentées pour des tireurs droitiers. Les gauchers doivent inverser les description.

Position couché.

Des trois positions, c'est celle qui permet d'obtenir les scores les plus élevés. En effet, une très grande stabilité est permise grâce au très large polygone de sustentation et au centre de gravité situé très bas. Mais les scores élevé ne peuvent être atteints que si la position et la visée sont strictement identiques d'un lâcher à l'autre. Cette position est très appréciée par les débutants et les tireurs du dimanche car elle permet, avec un entraînement minimum et sans trop de rigueur, d'atteindre assez rapidement le 10. Ceci est trompeur et ne doit pas faire oublier qu'un haut niveau ne peut être atteint que par la patience et l'application rigoureuse des règles de base. Beaucoup de tireurs l'ont parfaitement compris et tirent à de très hauts niveaux.

Attitude générale du corps

On recherchera la position allongée la plus naturelle possible afin d'éviter au maximum les contractions musculaires. La colonne vertébrale et les épaules doivent former un "T" comme lorsque I'on est en position debout. L'épaule placée devant s'avance modérément et l'angle formé par les hanches et le buste doit rester faible. Le poids du corps repose plus sur le côté gauche afin de faciliter la respiration et empêcher les pulsations cardiaques de se répercuter à I ensemble du corps. L'orientation du corps fait, en général un angle d'environ 20° avec la direction de tir.

                                                                

                Correct.                                                                   Faux.
Le corps fait un angle d'environ                          Le corps "cassé" favorise l'apparition
20° avec la direction de tir.                                 de contractions dans le dos et les cuisses.

Position debout.

Des trois positons c'est la plus délicate. Avec le polygone de sustentation le plus petit et un centre de gravité haut placé, le corps est animé d'oscillations qui doivent être maîtrisées. En plus d'une technique pointue, la positon debout exige une bonne répartition du poids du corps et une bonne tenue de l'arme. La musculature doit apprendre à contenir les oscillations et à accroître la stabilité. Les muscles des jambes, du dos et de l'abdomen sont les plus sollicités.

Attitude générale du corps

Le buste doit être légèrement penché vers l'arrière afin de compenser le poids de l'arme. Le centre de gravité est alors situé dans une zone comprise entre la jambe gauche et le milieu du corps. Le poids du corps doit se repartir de manière à peu près égale sur les deux jambes. Cela permet une meilleure régulation de l'équilibre.

Position genou.

Les scores obtenus dans cette position sont en général très peu inférieurs à ceux de la position couche. En effet, une position genou bien équilibrée permet d'avoir la bouche du canon parfaitement immobile. Toutefois, pour les tireurs peu entraînés, il est difficile de maintenir cette position pendant toute la durée de la compétition sans ressentir de manifestations désagréables. Des douleurs apparaissent fréquemment dans les pieds, les jambes, les fesses. Ces perturbations détournent l'attention du tireur et altèrent sa bonne concentration sur la séquence " maintien, visée lâcher". De telles perturbations disparaissent après un entraînement approprié et à la condition que la position ait été correctement élaborée.

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