Nos automatismes émotionnels - n° 65 - spiritualité - 05/2006

 

Il ne sert à rien de nous angoisser devant l’inévitable, il vaut mieux penser ou agir en modifiant nos automatismes émotionnels obsolètes, nos pensées perturbantes, nos relations difficiles avec autrui et nos comportements inappropriés.

 

Une émotion nuisible peut être neutralisée par son opposé : la colère par la bienveillance et l’arrogance par l’humilité.  L’antidote universel étant l’attention qui rééquilibre toutes nos émotions perturbantes en substituant un comportement alternatif à nos habitudes mentales automatiques.

 

Changeons nos habitudes :

  • Recherchons une activité quotidienne automatique et modifions en la séquence habituelle : si nous prenons chaque jour, le même chemin pour nous rendre au travail, nous pouvons emprunter un autre itinéraire.
  • La monotonie quotidienne nécessite peu de stimulations perceptibles tandis qu’en la modifiant, nous éprouvons de nouveau le sentiment de faire les choses pour la première fois.  Notre conscience se manifeste alors avec de nouveaux stimuli visuels et auditifs afin de prendre conscience de nos habitudes.
  • Pour changer nos habitudes, nous devons prendre conscience de nos automatismes dérangeants.
  • Modifions nos comportements dès que nous constatons l’activation d’un automatisme négatif afin d’être en accord avec les êtres et les choses qui nous entourent.
  • Rédigeons au besoin un pense-bête afin de nous rappeler ce qu’il faut faire en cas de rechute.
  • Réfléchissons aux autres solutions possibles.  Faisons un bilan de nos réactions à modifier.  Agissons si nous possédons tous les éléments.
  • Tâchons de prendre du recul en allant faire un tour ou en nous concentrant sur notre respiration afin de surmonter notre humeur du moment.
  • Mais en fait, savons-nous de quoi nous avons réellement besoin actuellement ?

 

Observons nos automatismes quotidiens afin de voir les choses telles qu’elles sont réellement.

 

Nous devons regarder nos automatismes émotionnels de face et les assumer tout en laissant s’exprimer en nous nos pensées et nos sensations intimes sans les retenir, sans les juger, en les acceptant afin qu’elles disparaissent d’elles-mêmes.

 

Souvent, le simple fait de reconnaître l’existence d’une sensation désagréable la fait disparaître.  Ne pas s’y accrocher.  Devenir le spectateur de sa propre vie.  L’existence est une fiction réelle comparable à un film avec des acteurs, des décors et des scènes à jouer.  Tout pouvant être réécrit et changé.

 

Si nous sommes convaincu de ne pas être digne d’amour, nous aurons tendance à rester seul, à nous isoler et à ressasser nos échecs et nos pensées perturbantes.

 

Retrouvons l’origine de nos automatismes obsolètes en fouillant dans nos souvenirs d’enfance et libérons notre esprit de nos angoisses afin de vivre l’instant présent.  Nous pouvons nous rééduquer nous-même à un niveau très profond en établissant de nouvelles habitudes émotionnelles grâce à la compréhension de nos émotions ravageuses.

 

Pleurer représente pour nous la meilleure libération émotionnelle en cas de blessures profondes.

 

En refusant nos filtres protecteurs déformants, nous obtenons une vision plus objective et moins angoissante de la réalité.  Voir clair en nous-même, nous accepter tel que nous sommes et être reconnu sont de profonds désirs humains.

 

Consigner, chaque jour durant 15 minutes, dans un journal, nos pensées et nos sentiments intimes peut être le meilleur guérisseur physique et spirituel qui soit.

 

Extériorisons nos automatismes émotionnels perturbants :

  • Écrivons nos pensées.  Ne les censurons pas, soyons complet et précis.  Notre journal ne doit être lu que par nous-même.
  • Notons les faits et les sentiments qu’ils nous apparaissent.
  • Ne nous soucions pas de la forme, ni de l’orthographe, ni de la syntaxe… seule la transcription de nos pensées compte.
  • Si nous avons quelque chose à dire à quelqu’un, écrivons-le dans un chapitre spécial de notre journal et au besoin, recopions-le dans une lettre adressée à la personne concernée.
  • Relisons régulièrement nos notes sans nous juger, sans prendre position, tout simplement pour constater l’évolution de nos sensations.
  • Nous pouvons également nous poser des questions et y répondre.

 

Nos réactions résultent de nos pensées d’autrefois et non du présent.  Ce ne sont pas les choses qui nous perturbent mais nos pensées sur ces choses.

 

Examinons les automatismes émotionnels qui nous enferment dans un tunnel oppressant bâti avec nos pensées et nos croyances répétitives.  Observons nos habitudes afin de créer en nous un espace de lumière, une meilleure vision de nos pensées et de nos réactions.

 

Si quelque chose entre dans notre mental, laissons-le entrer et sortir mais sachons que cette pensée n’est qu’une onde de l’esprit qui ne fait que de passer si nous ne la retenons pas.

 

La méditation consiste simplement à être conscient, au moment où surgissent nos automatismes émotionnels tout en laissant nos pensées faire leur chemin.  En fait, nos pensées n’ont que le pouvoir que nous leur octroyions.

 

Faire un pas en arrière ou une pause pour examiner la nature de nos émotions au lieu de nous laisser entraîner par leurs flots peut éviter beaucoup de conflits ou de malentendus avec autrui.

 

Se répéter : « je ne vaux rien, ma vie est nulle… » sapent notre bonheur.

 

En percevant nos pensées automatiques comme de simples idées au lieu de vérités accablantes nous permettre d’en prendre conscience et de changer certaines de nos habitudes.

 

Une pensée circule dans le cerveau comme dans un réseau autoroutier : chaque catégorie d’informations sont transmises par un canal spécifique (les bruits empruntent la voie neurale, la signification un autre chemin et la sensation un troisième canal).

 

Seule une pensée à la fois peut occuper le devant de la scène, c’est-à-dire notre conscience.

 

Observons les pensées automatiques présentes en nous-même et notons notre ressenti afin de stopper nos habitudes sclérosantes et pour nous inciter à choisir une autre solution.

 

Modifions nos automatismes perturbants :

  • Demandons-nous : « ma réaction n’est pas excessive ? »
  • Notons nos pensées.  Prenons-en conscience.
  • Prenons un peu de recul ou demandons l’avis sur la question qui nous préoccupe à un arbitre impartial, une personne compétente qui sait.  Sachons que nous ne sommes pas obligé de croire toutes nos pensées.
  • Admettons la réalité.  Faisons la synthèse de tous les éléments et adoptons avec rigueur une autre solution.
  • Appliquons la nouvelle solution et donnons-lui un nom pour une reconduction ultérieure.

 

Nos relations intimes avec notre entourage réveillent en nous nos automatismes d’enfance.  Il suffit de changer notre façon d’agir pour bouleverser et remettre en question nos habitudes.

 

Les personnes qui se sont senties privées d’affection au cours de leur enfance préfèrent généralement des partenaires froids et distants, celles qui se sont senties abandonnées tombent amoureuses de gens indisponibles ou instables, celles qui se sont senties soumises ont tendance à construire une relation passives avec des dominateurs…  La logique voulant que nous soyons attirés par ceux qui déclenchent en nous nos souvenirs d’enfance.

 

Nos automatismes émotionnels ne disparaissent jamais entièrement car les sentiments qui les composent se réveillent lors de certaines phases de notre vie.  En inventant de nouvelles façons de réagir, nous pouvons faire décroître leur intensité.

 

L’observation de nous-même, l’humour, la gaîté et l’expression interrogative sont des outils relationnels puissants.  Demander l’avis d’autrui, éviter un ton impératif et apprécier les gens pour ce qu’ils sont nous ouvre la voie au dialogue.

 

Vérifier que nous avons bien compris notre interlocuteurs peut améliorer nos relations sociales : « si j’ai bien compris, tu as dit que… ».

 

Lorsque nous modifions nos schémas émotionnels habituels, tout se modifie autour de nous Notre esprit est comme un signe qui saute dans tous les sens : il est continuellement distrait, agité, fébrile et il se jette sans cesse sur l’instant suivant sans avoir apprécié ce qu’il a maintenant devant lui.

 

Nos pensées et notre réalité sont des illusions qui ont une existence relative.  Nos perceptions, nos espoirs, nos craintes, nos rêveries et nos souvenirs sont des fragments kaléidoscopiques du réel qui traverse notre vie.

 

Lorsque notre cerveau enregistre une information pour la première fois par l’intermédiaire d’un sens, les données sont acheminées dans notre système nerveux sous la forme d’ondes.  Celle-ci se transforment d'office en signaux électriques déchiffrables par nos neurones.  Ces signaux se dispersent ensuite dans notre cerveau pour y être analysés séparément (forme, couleur, contexte, signification, mouvement…).  Ces éléments sont enfin unifié en une perception qui grâce à des analogies puisées dans nos souvenirs deviennent une réaction émotionnelle enregistrée.

 

Notre moi (le je, l’égo) est au centre de notre réseau de pensées, de souvenirs, d’émotions, d’expériences… qui n’existe tel quel que pour nous.  Je est un concept mental virtuel propre à chacun qui fait apparaître une réalité qui n’existe pas en dehors de celui ou de ceux qui y croient.

 

La méditation permet de réévaluer nos certitudes, nos perceptions de la réalité et nos modes de fonctionnement.  En remettant en question la notion de permanences, nous subissons une transformation personnelle profonde.  Se demander : « pourquoi je fais ceci ? comment ? quand ?  » permet d’évoluer et de vivre pleinement sa vie.

 

Nos attirances ou nos répulsions créent des émotions qui nous rendent ce que nous sommes maintenant.

 

Avoir foi en nous-même et en notre pouvoir de transformation sont salutaires pour notre esprit.

 

L’adaptabilité renforce notre ouverture à l’égard d’autrui.  La patience et la confiance nous permettent d'accepter les choses auxquelles nous n’avons aucun contrôle tout en équilibrant nos humeurs.

 

Le conditionnement de notre esprit cause nos souffrances et nos bonheurs.  Nos habitudes mentales et émotionnelles limitent nos libertés personnelles sous la forme d’émotions perturbatrices.

 

Lorsque nous sommes en proie à un orage émotionnel, nous devons relativiser nos angoisses, comprendre qu’après la pluie, c’est le bon temps et que nos réactions émotionnelles se dissiperont.  Au-delà des nuages, notre vraie nature est radieuse et la patience permet aux nuages creux de disparaître.

 

 

 

 

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