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ACROSS STICKOS - création sonore
LE DOCUMENTAIRE

Les lettres d'un kinois à l'oncle du village

de Lye Yoka

Une création radiophonique de Violaine de Villers
 

 Extrait & Interview de Violaine de Villers
RTBF-La Première le 24/06/02
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(
real 16Kbps - extrait 5'01")    



PRESENTATION DE L’AUTEUR : Lye M. YOKA

Né à Kinshasa, Lye M. Yoka est docteur en lettres (Université Paris III), il a notamment été directeur artistique du théâtre national du Congo/Zaïre. Auteur de nombreux articles sur les questions culturelles, il a publié plusieurs pièces de théâtre et des nouvelles. Il a été lauréat du Grand Prix Radio France International en 1976 pour son portrait « Le Fossoyeur » et en 1991 pour « Le Gourou », publié en janvier 1992 sous le titre «Chant du cygne» dans Le Monde Diplomatique.
Actuellement, consultant au Ministère de la Culture et des Arts de la République démocratique du Congo, il est aussi professeur ordinaire à l’Institut national des Arts.
Le recueil de textes « Lettres d’un kinois à son oncle du village» a été publié conjointement par l’Institut Africain-CEDAF à Bruxelles et L’Harmattan à Paris en 1995. Il a été présenté au Centre Wallonie-Bruxelles à Kinshasa en mai 2001 ainsi qu’un second ouvrage de Yoka, « Kinshasa, signes de vie » paru en 1999 chez le même éditeur.

 
SYNOPSIS

Les « Lettres d’un kinois à son oncle du village » ont d’abord paru dans un périodique kinois. Dans ces fictions de lettres, adressées par un chômeur kinois à son oncle du village, Yoka livre une terrible peinture de la ville de Kinshasa, de cette ville « conjoncturée » où « les travailleurs ne travaillent pas, les étudiants n’étudient pas, les ministres n’administrent pas, les élèves ne s’élèvent pas, les présidents ne président plus…», de cette ville en proie à la « démoncratie » et à ses jeux d’argent et de pouvoir. Ces lettres restituent, sur un ton, tour à tour enjoué et satirique, austère et pathétique, les « kinoiseries » de la ville et les événements majeurs des années 90.
Avec la plume d’un grand écrivain, l’œil aigu d’un sociologue, l’esprit corrosif d’un humoriste, Yoka Lye dit le désarroi et la colère d’un peuple trahi dans ses espoirs.

J’ai privilégié trois thèmes parmi ces chroniques :

1 – le Zaïre de Mobutu ou le rêve brisé et l’oppression perpétuée
2 - la ville de Kinshasa, une affaire à suivre ;
3 - Réfugiés ou la marche forcée des masses populaires durement mises à l’épreuve.


Huit lettres ont été choisies autour de ces trois thèmes :

1 – le Zaïre de Mobutu
   - Tous experts et bindomanes ! (1991)
   - Tous conjoncturés ! (1991)
   - TV et TVA à combines (1994)
2 - la ville de Kinshasa
   - Touche pas à mon prof! (1995)
   - Ville morte ! (1995)
3 - Réfugiés
   
- Les charognards du Rwanda
   - Eboueurs au taux du jour (uniquement dans la version de 2 x 35 min)

   - Nous sommes tous des réfugiés ! (1995)

Les lettres sont commentées, contextualisées brièvement par Lye Yoka lui-même.

 
NOTE D’INTENTION et TRAITEMENT RADIOPHONIQUE

Certaines « lettres » sont dites intégralement, mais pour la plupart, j’ai réalisé un montage d’extraits autour des trois thèmes.
Le style de Yoka se prête magnifiquement à l’oreille ; il ne s’agit pas d’un langage parlé mais bien d’un rythme de phrases et de tournures proches de la tradition orale et du conte. L’auditeur retrouve d’une lettre à l’autre, plusieurs personnages qui symbolisent différentes dimensions socio-économiques, politiques et culturelles de la « ville » et du « village ».
Ces personnages sont les suivants :
   - l’Oncle du village, le destinataire des lettres qui a connu le temps de la colonie
   - le neveu, le citadin chômeur, signataire des lettres
   - le fils, le cousin universitaire, cousin « conjoncturé », hébergé par la copine
   - la voisine de parcelle, la prostituée
   - le professeur, aussi « ordinaire » que pauvre et infortuné
   - le commissaire de zone, « l’héritier spirituel des Flamands »
   - le village,  perdu à l’annexe de la géographie et à la périphérie de l’histoire
   - la ville, Kinshasa qui n’a plus vraiment le cœur à ses « kinoiseries »
En donnant des nouvelles des différents personnages à l’Oncle du village pour qui toute cette vie kinoise est un peu compliquée, Yoka entretient notre attention et nous met dans la même complicité.

Le lecteur - poète congolais, Inkoli Bofane, est parfaitement bilingue en lingala et en français.

Les lettres sont accompagnées par une partition sonore faite de chansons congolaises, d'archives radio et d’ambiances montées en toile de fond sur les textes. Le format court (5 à 7 minutes) de chacune des lettres permet une concentration sonore forte.

Des morceaux choisis de la chanson congolaise moderne interviennent en ponctuation, illustration musicale en lingala, dans certains passages des différentes lettres. Des aphorismes, couplets ou refrains, allusifs et évocateurs du contexte socio-politique, modulent dans la musicalité de la langue congolaise, les différents thèmes abordés, sous une forme conciliant à la fois éthique et esthétique. Ils sont utilisés pour rythmer le récit (générique, transition, ellipse…), ils peuvent parfois même, devenir « sujet » à leur tour, pour ceux qui comprennent le lingala.

Les ambiances sonores  sont caractéristiques de Kinshasa, une ville de six millions d’habitants devenue une ville déprimée, presque silencieuse, mais qui n’a pas dit son dernier mot…

                                                    Violaine de Villers


Cette émission a été coproduite par :
la
RTBF, la SACD, la SABAM
le
Service des Lettres de la Communauté Française de Belgique,
le
CGRI de la Communauté Française de Belgique ,
l’
Institut Africain-CEDAF
et
l’asbl Africalia