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Les lettres d'un kinois à l'oncle du village de Lye Yoka Une création radiophonique
de Violaine de Villers Extrait & Interview
de Violaine de Villers
Né à Kinshasa, Lye
M. Yoka est docteur en lettres (Université Paris III), il
a notamment été directeur artistique du théâtre
national du Congo/Zaïre. Auteur de nombreux articles sur les
questions culturelles, il a publié plusieurs pièces
de théâtre et des nouvelles. Il a été
lauréat du Grand Prix Radio France International en 1976
pour son portrait « Le Fossoyeur » et en 1991 pour «
Le Gourou », publié en janvier 1992 sous le titre «Chant
du cygne» dans Le Monde Diplomatique. Les « Lettres d’un kinois à
son oncle du village » ont d’abord paru dans un périodique
kinois. Dans ces fictions de lettres, adressées par un chômeur
kinois à son oncle du village, Yoka livre une terrible peinture
de la ville de Kinshasa, de cette ville « conjoncturée
» où « les travailleurs ne travaillent pas, les
étudiants n’étudient pas, les ministres n’administrent
pas, les élèves ne s’élèvent pas, les
présidents ne président plus…», de cette ville
en proie à la « démoncratie » et à
ses jeux d’argent et de pouvoir. Ces lettres restituent, sur un
ton, tour à tour enjoué et satirique, austère
et pathétique, les « kinoiseries » de la ville
et les événements majeurs des années 90. J’ai privilégié
trois thèmes parmi ces chroniques :
1 – le Zaïre de Mobutu Les lettres sont commentées, contextualisées brièvement par Lye Yoka lui-même. Certaines « lettres »
sont dites intégralement, mais pour la plupart, j’ai réalisé
un montage d’extraits autour des trois thèmes. Le lecteur - poète congolais, Inkoli Bofane, est parfaitement bilingue en lingala et en français. Les lettres sont accompagnées par une partition sonore faite de chansons congolaises, d'archives radio et d’ambiances montées en toile de fond sur les textes. Le format court (5 à 7 minutes) de chacune des lettres permet une concentration sonore forte. Des morceaux choisis de la chanson congolaise moderne interviennent en ponctuation, illustration musicale en lingala, dans certains passages des différentes lettres. Des aphorismes, couplets ou refrains, allusifs et évocateurs du contexte socio-politique, modulent dans la musicalité de la langue congolaise, les différents thèmes abordés, sous une forme conciliant à la fois éthique et esthétique. Ils sont utilisés pour rythmer le récit (générique, transition, ellipse…), ils peuvent parfois même, devenir « sujet » à leur tour, pour ceux qui comprennent le lingala. Les ambiances sonores sont
caractéristiques de Kinshasa, une ville de six millions d’habitants
devenue une ville déprimée, presque silencieuse, mais
qui n’a pas dit son dernier mot…
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